3.C.12. Autres confrontations

3.C.12. Autres confrontations

Ci-avant, 15 références sont déjà examinées. Cette rubrique est laissée ouverte aux exemples du lecteur, pour confronter lui-même ses références, ses auteurs, ses réseaux de référence au schéma de questionnement. Il suffit d’un seul exemple qui ne vérifie pas le schéma pour que celui-ci soit à modifier ou compléter …

3.C.11. A.I.T.F.

3.C.11. Confrontation avec l’AITF

Le schéma de questionnement a été à la base de la production de « fiches d’expérience » pendant les rencontres et les Congrès de 1999 à 2004. Vingt-cinq fiches d’expérience ont été présentées au Congrès AITF Grand-Est de Montbéliard en 2001. Les actes du Congrès ont été publiés sous forme de CDROM, joint en annexe. L’ensemble de l’expérience du Groupe de Travail « DST/Généralistes » est présenté au chapitre 5. La fécondité de l’approche a rendu crédible la transformation du groupe régional en groupe de travail national en 2003.

3.C.1-2. Bill Twitchett & ISOCARP

3.C. L’expérience au niveau des territoires :

3.C.1. Confrontation avec la démarche de la thèse de Bill (William) Twitchett

L’intérêt de la thèse [1] de William Twitchett est de formuler des propositions à l’échelle de la planète à travers les exemples concrets des trois couples de villes Paris/Toulouse, Le Caire/Louxor, Sydney/Warraway : les idées sont enracinées dans une réalité de terrain. L’auteur a visité ces villes, ces régions, et formule des propositions qu’il a pu vérifier « les bottes au pied ». L’acteur principal n’est plus seulement le sujet d’un territoire, mais le territoire lui-même, appelé ici le site.

« En se référant plus particulièrement à la notion de site, nous n’avons nullement l’intention de limiter le phénomène de la ville d’aujourd’hui à cet aspect, mais le site d’une ville reste détermi­nant pour divers aspects de son développement, depuis le noyau initial jusqu’à la région urbaine épanouie ». La démarche exprime une confiance en l’homme et insiste sur l’importance du langage de la matière : «de façon analogue à nos propres corps, un site bien assumé par un groupe humain -même partagé avec un nombre impensable autrefois, d’autres personnes humaines- peut être source fondamentale d’épanouissement » [2].Ainsi, la dynamique qui est proposée ici est une dynami­que qui se veut non dualiste : « Au delà des questions de terrain, de réseaux, de pouvoirs, de revenus, nous voudrions pouvoir arriver à un art urbain significatif de cette nouvelle échelle, dans laquelle un site ferait effectivement partie d’une civilisation où le corps et l’esprit ne font qu’un » [3].

Le regard se porte de façon plus spécifique sur le lien entre les potentialités de développement urbain et la capacité des sites eux-mêmes à accueillir ce développement. En effet, combien de démarches généreuses et ouvertes ne bénéficient pas de l’extension qu’elles devraient avoir par défaut d’analyse du site d’accueil de l’initiative ? Dans d’autres cas, l’analyse est faite et vécue … mais les acteurs économiques et politiques peuvent avoir d’autres enjeux. L’analyse est alors un outil d’interpellation des élus, de confrontation, de débat citoyen pour faire évoluer la mentalité des décideurs, et s’orienter vers le souhaitable à partir des potentialités des territoires.

L’ingénieur territorial est appelé à développer ce sens du territoire, qui n’est plus la conception d’un territoire-surface avec une frontière administrative, mais qui est une approche relationnelle du terri­toire (Calame, 2003). B.Twitchett souligne parmi ces relations l’importance du lien de l’homme et des sociétés au site, le tout étant dans des sociosystèmes [4] très mobiles, imbriqués.

La dynamique d’analyse mise en œuvre n’est pas formulée explicitement, mais tous les éléments sont là, notamment le contraste fort entre le site bien matériel et un travail sur les potentialités, c’est à dire « ce qui n’est pas encore ». Cette dialectique entre ce qui est et ce qui n’est pas encore sous-tend l’œuvre de tous les grands philosophes et chercheurs. Une formulation saisissante, soulignée par Whitehead, en est fournie par Platon dans le Timée. La démarche de B.Twitchett est bien dans cette dialectique, suivant la proposition du schéma qui suit.

Cette démarche a été appliquée aux six régions, aux trois échelles de temps suivantes : la situation en 1800, le temps de l’agglomération entre 1800 et 1950, la période d’évolution vers la région urbaine, après 1950.

Elle est appliquée aussi à différentes échelles territoriales : de la ville à la région urbaine puis aux territoires nationaux. L’abondance de la documentation, les descriptions concrètes rendent saisis­sante et crédible l’expression des potentialités d’accueil des sites. L’approche se montre soucieuse de contribuer, tout comme la FPH, à la triple réconciliation de l’homme avec la société, avec la nature, et les sociétés entre elles [5]. Elle développe d’autre part un art de la fondation avec une appréciation politique fine de l’opportunité et la pertinence de la proposition [6].

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Figure 3‑7 : Schéma du questionnement de l’expérience géographique à travers l’approche de W.Twitchett dans sa thèse Le site urbain : potentialités sous la direction de Paul Claval, 1995

3.C.2. Confrontation avec la démarche de l’AIU à son 43e congrès de septembre 1997.

L’Association Internationale des Urbanistes (AIU, et en anglais ISoCaRP –International Society of City and Regional Planners– [7]) regroupe des urbanistes praticiens de tous les continents. Ces professionnels échan­gent sur leurs méthodes, à propos de leurs études de cas. Le thème du 43e Congrès concernait le fonctionnement du Trialogue Habitants/ Élus/Praticiens.

Ce qui est visé par le trialogue est la participation des habitants dans le processus de décision et dans le dessin des projets. Mais cela est très difficile à réaliser ! Un certain nombre de congrès sont revenus sur ce point comme celui de Braga au Portugal en 1984. Le trialogue est une vision pros­pective de ce que devrait être l’urbanisme.

Encore une fois, il est surprenant de constater qu’avec des noms différents, une expression diffé­rente, nous retrouvons directement trois des cinq réalités d’expérience constitutives de la dyna­mique de transformation des territoires, des sociétés et des hommes, à savoir les phases a (les interactions ou préhensions), b (la vision) et c (les objectifs ou propositions).

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Figure 3‑8 : Le lien entre le trialogue et les réalités de la dynamique territoriale

Dans le trialogue, manque-t-il deux réalités ? réalité ab (les valeurs) et réalité d (la mise en œuvre) ? Non ! la valorisation (le socle éthique, les valeurs, ou déontologie) est sous-entendue dans le trialogue : elle est le ciment de toutes les réalités (valeur de responsabilité dans la gestion de la planète ; valeur de convivialité dans l’organisation de nos régions). Les valeurs sont les liens entre les réalités. Manque-t-il encore la quatrième phase? Oui, effectivement. Mais il s’agit d’un oubli, qui a été corrigé dans l’organisation du Congrès. En effet, dans la pratique, au 43ème Congrès, le trialogue n’a pas fait l’objet de trois ateliers (un par élément du trialogue) mais de quatre: le quatrième a été créé pour les professionnels de l’urbanisme et du secteur privé qui produisent des projets urbains, afin de traiter le lien avec les habitants. Cette analyse en quatre phases est confortée par l’intervention de David Prosperi & Julia Lourenco, Le regard percutant du quadralogue: maîtriser la difficulté de maniement du Trialogue [8]. La démarche est riche de références américaines et d’exemples empruntés aux USA et au Portugal. On retrouve donc bien nos quatre réalités d’expérience (hormis les valeurs). Le schéma de questionnement est le suivant :

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Figure 3‑9 : Schéma du questionnement de l’approche de l’AIU/ISoCaRP

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Notes :

[1] William Twitchett, Le site urbain : potentialités : réflexions sur le développement responsable et équilibré des établissements humains à partir de six exemples français, égyptiens et australiens, Septentrion, 390 pages & annexes. Voir le site www.tercitey.org.
[2] Twitchett, Le site urbain : potentialités,Partie A, chapitre 4 p.8
[3] Twitchett, Le site urbain : potentialités, Parie H4, p385
[4] Le mot est de P.Arnould qui tente de décliner les forêts en éco, socio et même psychosystème. Arnould P., professeur des universités, ENS LSH,, Discours sur le paysage : à la croisée des regards et des systèmes, Géoconfluences, le 23 février 2003 (http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/transv/paysage/PaysageScient.htm). Voir aussi Christine Partoune, Laboratoire de méthodologie de la géographie, Université de Liège.La dynamique du concept de paysage in Revue Éducation Formation – n° 275, septembre 2004, texte accessible sur http://www.lmg.ulg.ac.be/articles/paysage/paysage_concept.html
[5] Voir notamment H2 et H4 p.382-384
[6] Voir H5, p.385 à 389
[7] www.isocarp.org. Les études de cas sont présentées sur http://www.isocarp.net/ puis « all case studies » : les études de cas de David Prosperi et de Philippe Vaillant sont téléchargeables au format PDF.
[8] David Prosperi & Julia Lourenco, The Keen Eye of the Quadralogue: Overcoming Intractability in the urban Trialogue  « The paper is organized as follows. First, the theoretical or rational considerations of the quadralogue are identified. Following a brief description of the chosen planning situations, the major portion of the paper is an assessment of these projects from the points of view of both the attributes of the “urban trialogue” as well as those in the “quadralogue “ ». Des conclusions et réflexions complètent le papier. Le texte complet est placé en annexe informatique.

3.B.3. : F.P.H.

3.B.3. Les propositions pour le territoire de la Fondation pour le Progrès de l’Homme (FPH, Paris) :

La Fondation, déjà présentée au chapitre 1, finance de multiples travaux et actions à travers la planète. Son constat est que le territoire est « la brique de base de la gouvernance » [1]. Elle inverse la formule traditionnelle diffusée depuis les années 1980 : « Penser globalement, agir localement ». Face à la crise mondiale des relations, seul le territoire permettra de réinventer de nouvelles relations : « Penser localement, agir globalement ».

La fondation anime une Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire. Un des chantiers se nomme « Gestion des territoires ». Il a produit en septembre 2001 un Cahier de propositions : Le territoire, lieu des relations : vers une communauté de liens et de partage. Il développe 10 propositions et 40 outils. La structure de présentation des propositions ressemble de façon étonnante à la dynamique de l’outil du schéma de base, avec d’autres mots. Le but de la démarche est de produire un changement de regard chez les intéressés. La question de fond est donc la même : comment permettre une avancée créatrice des personnes et des sociétés.

L’approche de la Fondation se situe à trois niveaux de propositions (Résister, Rêver à partir des valeurs et objectifs, Réaliser) et à trois niveaux de conscience (Conscience des faits, Conscience d’interprétation et Conscience de choix). Comme chaque niveau de conscience correspondait à chaque niveau de proposition suivant notre schéma d’hypothèse de base, nous proposons d’illustrer chaque niveau de conscience par chacun des vecteurs qui relient les phases de proposition. Cela respecte les définitions données, et rend compte en outre du fait qu’une prise de conscience est un mouvement d’un certain état vers un autre état.

D’autre part, la distinction entre rêve et objectifs est faite, mais au sein d’une même phase. Là aussi, l’idée exprimée dans les propositions ne nous semble pas dénaturée. En effet, les trois phases de chaque proposition étaient faites « en jouant avec les trois qualificatifs de l’Alliance (une Alliance responsable, solidaire, plurielle) qui nous semble convenir pour illustrer cette articulation du général au particulier » (p.8). Avec le même esprit de jeu et de créativité, tout en respectant l’articulation du général au particulier, le schéma propose quatre phases, en transformant en deux phases la distinction Rêve / Objectifs du deuxième niveau de proposition.

Nous montrerons en partie II que la « petite mort » de FPH est le périr éternel * de Locke, qui a donné la notion simultanée de périr et d’immortalité objective chez A.N. Whitehead [2]. On parle effectivement dans le langage courant « faire le deuil de … », « renoncer à » : ce n’est pas « oublier » mais c’est dépouiller l’événement de sa subjectivité (l’immédiateté subjective de la pensée organique) pour qu’il devienne objet -ou non- pour d’autres objectivations. Ici, la « petite mort » parle simultanément d’une naissance, c’est à dire effectivement d’une nouvelle objectivation sur une partie seulement des données de base (les data ou datum de l’approche organique) – ou sur de nouvelles données-. Whitehead proposera le terme de remplacement [3] à la place de périr éternel ou immortalité objective, pour une meilleure compréhension.

Le Cahier formule 10 propositions, regroupées en trois chapitres. A chaque proposition correspond un ou plusieurs outils (46 outils au total). On vérifie donc de façon étonnante sur ces propositions la pertinence du schéma de questionnement. Tout le cahier de propositions était en effet déjà structuré selon les phases du processus. Un tableau des propositions a été dressé ci-après suivant a, b, c et d.

La démarche foisonnante de la FPH est d’un grand intérêt pour entrer à la fois dans un nouveau mode de pensée de façon générale, et pour la mise en œuvre concrète de ce mode de pensée. On observe (c’est un constat, rien de plus) que le mode de pensée de la FPH est proche du mode de pensée organique (on pourrait dire : du « type organique »). C’est une coïncidence intéressante. Cette coïncidence ne dénature pas la créativité de la FPH, et n’enlève rien à l’originalité et l’identité de l’approche du monde.

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Figure 3‑5 : Schéma du questionnement de l’expérience sociétale à travers l’approche de la FPH dans le cahier de proposition : Le territoire, lieu de relations ( 2001).

On retrouve comme dans le cas précédent la notion d’un mode de pensée général (ou dynamique de pensée) qui permet d’induire un changement, une évolution. Ce mode de pensée se décline suivant un certain nombre de thèmes, non-limitatifs. L’insistance est mise là aussi sur la personne dans ses liens sociétaires et naturels, et sur les liens des sociétés entre elles et leur environnement. C’est l’appel à la triple réconciliation de la Plateforme pour un monde solidaire [4] (1993).

Le même travail pourrait être fait pour les 12 notions-clés de la FPH. Le modèle du « lac suisse », décrit au chapitre 2 permet effectivement de servir de fil directeur pour une analyse selon les « réalités d’expériences », ou les étapes du « processus organique de régulation ».

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Figure 3‑6 : Tableau de synthèse du cahier de proposition « Le territoire », FPH, 2001

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Notes :

[1] Document de travail des éditions Charles Léopold Mayer, Repenser les territoires : construire des perspectives communes à partir de l’échange d’expériences, dossier n°107 coordonné par Ina Ranson, juillet 1998, page 6 ; Voir aussi Pierre Calame La démocratie en miettes, Ed. CLM – Descartes & Cie, 2003, chapitre 5 ;
http://www.alliance21.org/fr/themes/territ.htm
http://www.institut-gouvernance.org/fr/document/fiche-document-29.html
http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-26.html
http://www.fph.ch/fr/strategie/thematique/territoire-brique-de-base/theme-territoire.html
http://www.developpement-local.com/article.php3?id_article=169
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/agenda21/intro/calame.htm
http://base.d-p-h.info/fr/fiches/premierdph/fiche-premierdph-5195.html
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/prospective05.html
[2] Ce point est abordé en partie II au chapitre 7.D.2. p.213
[3] Article paru en 1927 dans les « Proceedings of the Sixth International Congress of Philosophy », réimprimé dans The Interpretation of Science (IS) par A. H. Johnson (Indianapolis: Bobbs-Merril, 1961), pp. 240- 247 et par L. S. Ford en Annexe 2 de The Emergence of Whitehead’s Metaphysics.
[4] http://www.alliance21.org/2003/rubrique.php3?id_rubrique=234

3.B.1. La Chênaie

3.B. L’expérience au niveau des sociétés :

3.B.1. L’outil pédagogique de l’école de citoyenneté « Hommes Femmes dans la Cité »

Cette école de citoyenneté [1] est placée ici juste après PRH, car elle en est issue. Elle développe depuis 1983 une pédagogie d’apprentissage collectif pour déchiffrer et articuler entre elles les notions disparates du quotidien, pour tracer les liens entre les éléments de l’expérience, tout en déchiffrant les origines de la fragmentation, de l’éclatement ou de la disjonction-réduction tant dénoncée par Edgar Morin. Cette pédagogie est celle du passage du « micro » au « macro », du cloisonnement des disciplines à transdisciplinarité, de la séparation stérile entre matériel et idéel (Di Méo & Buléon) à une dynamique globale.

Les liens s’établissent progressivement pour chaque participant à travers des ateliers de 5 jours. Ils ont pour thèmes « Hommes, Femmes dans la Cité » (HFC), « Cité réalité politique » (CRP), « Croissance et déploiement » (CD), « L’Homme et la Création », « L’événement provoque ma créativité », « Citoyen au quotidien », « Réconciliation », …. Pour les trois premiers ateliers, les notions articulées sont respectivement :

  • Valeurs / Interactions / Structures / Objectifs / Vision
  • Attitudes / Participation / Autorité / Bien commun / Politique
  • Émergences / Enracinement / Déploiement / Engagement / Cité

les dynamiques développées ici fonctionnent chacune de manière intuitive sur une même dynamique de base entre plusieurs réalités, dont l’expression s’ajuste à chaque thème abordé. Ces réalités se saisissent de manière intuitive en référence à l’expérience et au-delà des limites du langage. Compte tenu de ses multiples liens avec des travaux d’urbanisme et de géographie, cette dynamique de base nous semble récapitulée dans le premier atelier : « Hommes Femmes dans la Cité ».

Seule cette introduction vivante et expériencielle à une dynamique générale du réel nous a permis de constater en Avril 2002 l’analogie avec le travail de Jacques Degermann pour L’étude de préfiguration de l’agglomération de Sarrebrück-Moselle-Est, avec les travaux de Bernard Vachon, de Pierre Calame, et avec les phases de la concrescence de l’approche organique de Whitehead.

La valeur est la composante de base de toute interaction (le terme employé par Whitehead pour interaction serait la préhension). Ainsi, en un sens, elle est partout, dans toutes les phases. Elle est une composante de tous les vecteurs entre les réalités.

Il n’est pas possible d’entrer ici dans le détail de chaque atelier. Le schéma fourni est le schéma général intuitif de tous les ateliers. Nous disons intuitif, car il est adapté pour chaque atelier, et ce n’est pas un cadre rigide. Il exprime le parcours intérieur et les principales articulations de ce parcours intérieur.

Chacune des réalités de ce schéma a fourni le matériau de base du schéma d’hypothèse de base présenté ci-dessous, dans un ordre différent. C’est l’ordre du schéma ci-dessus qui correspond le mieux au vécu, et au déroulement d’une formation. L’ordre de l’hypothèse de base est un ordre logique de présentation, mais pas un ordre pour la formation. Il convient de redire ici que les phases logiques ne sont pas des phases successives, mais des phases qui peuvent être simultanées. C’est ce qu’exprime bien par ailleurs P.Braconnier dans sa thèse (p.147 [2]) et la FPH en distinguant 3 phases et 3 types de consciences, sans les lier explicitement entre elles. C’est un ordre logique d’analyse, ce qu’analyse bien Whitehead avec son approche organique (PR 283).

Transposée sur notre proposition de schéma de base, cette approche donne le schéma suivant :

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Figure 3‑3 : Schéma du questionnement de l’expérience sociétale à travers l’approche de la Fondation « Hommes, Femmes dans la cité

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Notes :

[1] Association dont le siège est au Château de Brainville, Route de Malaincourt, 52 150 Brainville-sur-Meuse. Le sigle « Hommes, Femmes dans la Cité » est un label déposé.
[2] « le processus ne constitue pas une succession mais une superposition d’étapes … »