14.B. Régions environnantes

〈435〉

14.B.  Expression du « poids » des régions environnantes

14.B. 1. Les régions fortes environnantes

Une région n’émerge pas de façon isolée, mais en relation avec les autres régions qui l’environnent. Seul le rapport à d’autres centres de référence forts permet de défendre au mieux les périmètres possibles. Force est de constater que les recherches actuelles les plus diverses font référence tantôt à 〈436〉 des villes, tantôt à des agglomérations, tantôt à des régions, dans une grande confusion d’échelle, de « poids », et d’importance relatives des entités territoriales citées.

Il est tenté ici de préciser d’abord les régions fortes environnantes qui permettent de situer la région « Entre Vosges et Ardennes », en abordant la question de ses marges. Il ne s’agit pas « d’avoir la taille maximum », il s’agit de saisir les enjeux des territoires. Les marges sont lieux de passage, de transition. Paradoxalement, elles peuvent se développer et jouer pleinement leur rôle si leur appartenance à tel ou tel entité régionale est claire. Nommer le « dedans » et le « dehors » d’un territoire n’est pas les mettre en concurrence, voire en opposition. C’est reconnaître que chaque territoire fonctionne avec sa logique propre, sa politique, ses priorités, et son mode de gouvernance. Les territoires intermédiaires se positionnent (démarche de « bottom up », détermination des habitants par eux-mêmes) mais choisissent une appartenance de base (Charleville-Mézières, Strasbourg, Mulhouse, …) sans être laissé « à côté » de la réflexion.

L’identification des régions s’est faite lors d’un atelier de l’association Terre & Cité en Août 2002. La méthode d’analyse et la présentation en termes de potentialité pure, hybride et réelle sont propres à la présente thèse. D’autre part, la présente thèse met en mots une grande part de pratique professionnelle exprimée de façon graphique, mais non encore formulée explicitement. Le graphisme est un langage complet (J. Bertin, 1999 [1], P. Gonod, 2005) qui ne se laisse pas facilement mettre en mots, surtout lorsque la pensée par concepts intuitifs prime sur l’usage ordinaire des mots. Une grande part de la difficulté de lecture des travaux géographiques comme ceux d’Alain Reynaud ou de William Twitchett tient à la difficulté du passage entre la pensée, le texte, le graphisme et la compréhension des faits territoriaux. 〈437〉

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Figure 14‑2 : Les régions déjà fortement constituées autour de la région « Entre Vosges et Ardennes » (fond de carte du SESGAR [2] Lorraine)

Les trois sous-chapitres qui suivent peuvent ressembler à un catalogue : il n’en est rien. En effet, l’énoncé de chaque sous-chapitre est l’expression d’une région conviviale de potentialité réelle (Belgique, Nordrhein-Westphalen, Baden-Wurttemberg, Suisse), de potentialité hybride (Moselle-Main, Bourgogne) et de potentialité pure (Seine, Nord-Picardie). Chaque région se définit en relation aux régions voisines, et l’examen se fait en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre à partir de la Belgique. Certaines propositions ne se justifient que dans cette confrontation. L’intérêt de cette liste est aussi dans les régions qui n’y figurent pas. Par exemple, la Land Rheinland-Pfalz n’y apparaît plus : certaines entités tiennent compte des limites administratives et politiques existantes. Dans d’autres cas il est suggéré de tenir compte de certains débats en cours notamment en ce qui concerne SarrLorLux+ : dans cette vision le Land de Rheinland-Pfalz est soumis à l’attraction du Land d’Hessen au Nord et de la région « Entre Vosges et Ardennes » au sud. D’autre part, la région de Baden-Wurttemberg et la ville de Stuttgart disparaissent souvent des cartes 〈438〉 françaises, alors que Paris ne manque jamais d’une mention, même lorsque la ville sort du cadre de la carte (la carte ci-dessus est une des rares à intégrer clairement Stuttgart, et la carte du MIATT présentée ci-après à la rubrique B.2.2. figure 14-12 page 455) : cela montre l’attention constante portée à la capitale française, et l’oubli fréquent des autres régions fortement constituées et de leurs centres de référence. L’attention est portée ici sur l’homme dans la cohérence de son espace d’appartenance ou de mieux-vivre ensemble et sur la pertinence écologique régionale, sans oublier aucune région. Ce regard circulaire et global autour de chaque région considérée est celui qui permettra d’énoncer une pré-esquisse de proposition globale pour la définition de régions conviviales en Europe au chapitre 15.B. Ce même regard est celui qui permettra de proposer une esquisse d’évaluation des potentialités en terme de régions conviviales de la planète. Ce sont autant de propositions citoyennes qui peuvent être portées dans un débat public pour susciter la créativité, sortir d’un sentiment de fatalité de la constitution de mégalopoles de plus en plus grandes et souvent peu respectueuses de la nature. Ces propositions portent une attention au territoire des quatre sociétés minérales, animales, végétales et humaines avant toute considération administrative ou politique coupée du réel. La démarche est éminemment politique au sens d’une politique de l’homme dans la nature qui tire sa légitimité de prendre en considération la vie quotidienne des habitants, leur interrelation avec les quatre sociétés précitées, et les interactions des sociétés entre elles. Les animaux, les arbres, les phénomènes climatiques, l’écoulement des eaux dans les bassins versants, les déplacements des hommes, l’organisation des services et des activités, … devancent les organisations administratives et politiques. Ces dernières ne tirent leur légitimité que de l’accompagnement du réel, qui est celui des sociétés concrètes et leur vie interne et externe. C’est à ce travail que servent les cercles de comparaison indicatifs, d’analyse, de comparaison avec d’autre régions, et de prospective. Ces analyses sont indispensables au développement des relations interrégionales, interagglomérations et internes aux agglomérations.

Le tableau des surfaces, populations et densités des régions fortement constituées, en tenant compte du projet de SLL+ et d’un projet européen global  (présenté Ch.15.B) est le suivant : 〈439〉

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Figure 14‑3 : Tableau des surfaces et populations des régions fortement constituées autour de la région « Entre Vosges et Ardennes » (Source : SLL+ & Eurostat)

Les chiffres sont de la base de donnée Eurostat [3] à la date du 31/12/2006 pour les entités égales ou supérieures aux NUTS 2, 〈440〉 et de l’INSEE 1999 pour les entités territoriales inférieures aux NUTS 2 [4]. Les chiffres spécifiques à la région « Entre Vosges et Ardennes » sont fournis par le rapport SLL+ de 2003.. Quelques chiffres manquant sont fournis par Wikipedia [5] et de Populationdata [6]. Tous les fichiers de base Excel ainsi que les résultats au format PDF sont fournis en annexe informatique. Le détail du calcul pour la France et les pays européens est donné au chapitre 15.A. Ce tableau illustre bien comment des entités régionales potentielles peuvent venir progressivement à l’existence [7]:

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Figure 14‑4 : Passage de régions potentielles à des régions réelles

〈441〉 L’harmonisation européenne à travers le mécanisme des NUTS contribue à ce passage. Le schéma qui suit fait le lien avec les définitions de la partie II et du chapitre 13 de la partie III. Les huit régions autour d’« Entre Vosges et Ardennes » illustrent les trois cas de régions de potentialité pure, hybride et réelle.

14.B.1.1. Les régions conviviales de potentialité réelle : la région de Bruxelles ; la région de Nordrhein-Westphalen, la région du Baden-Wurtemberg :

Ces régions conviviales de potentialité réelle sont des propositions qui confirment le périmètre de régions existantes avec leur centre de référence éventuellement modifié pour permettre une meilleure réalisation des critères énoncés p. 397 (chap. 13.D.5.).

La région de Bruxelles  (centre de référence : Bruxelles)

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Figure 14‑5 : Application du cercle de comparaison 32 000 km2 : région de Bruxelles (Cartographie P. Vaillant sur fond de plan réservé Michelin)

〈442〉 La Belgique est un pays membre de l’ONU malgré des divisions internes graves concernant la différence linguistique entre le Nord et le Sud. Malgré ces difficultés, on peut remarquer un phénomène de migration quotidienne extrêmement important vers la région de Bruxelles, faisant la démonstration d’une vie interrégionale très forte. On peut aussi constater une réalité de la modernisation importante de l’industrie pendant plusieurs décennies dans la partie Nord, et les grandes difficultés de modernisation de l’industrie dans la Wallonie. En contrepartie d’une centralisation des activités tertiaires sur la capitale, on constate une forte migration hebdomadaire sur la côte et dans les Ardennes. Ce pays a une longue tradition de collaboration avec les deux pays voisins, Pays-Bas et Luxembourg, dans le contexte des accords du Bénélux (ils étaient à la pointe de l’Europe pendant des années). Le nord du pays est fortement intégré dans le réseau fluvial, ferroviaire et autoroutière du Nord de l’Europe (travaux de la MIATT [8]).

Superficie : 30 328 km2 ; Population : 10 376 000 habitants ; Densité : 342 hab/km2.

La région de Nordrhein-Westphalen (centre de référence :Düsseldorf ) :

Il convient de noter que le choix de Düsseldorf plutôt que Köln a été décidé après la guerre par les alliés pour pouvoir contrôler l’industrie de la Ruhr, et éviter le réarmement de l’Allemagne. En effet, Köln pouvait prétendre bien avant Düsseldorf au rôle de pôle de référence.

Superficie : 34 100 km2 ; Population : 18 078 000 habitants ; densité : 530 hab/km2.

La région du Baden-Wurtemberg (centre de référence : Stuttgart) :

Ce land fait partie de l’Allemagne fédérale. Il semblerait que cette entité régionale ait été mise en question dans les années 1950, en ce qui concerne la séparation de la partie Baden, mais il fut voté par référendum la création d’une seule entité politico-territoriale [9]. Dans notre démarche, nous pouvons accueillir cette réalité du choix de la population, en considérant ce Land comme une région 〈443〉 conviviale qui fonctionne : elle est à accepter en tant que telle. Nous n’avons pas de raison de la remettre en question .

Superficie : 35 752 km2 ; Population : 10 677 000 habitants ; Densité : 299 hab/km2

La région Suisse, avec pour centre de référence la ville de Bern :

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Figure 14‑6 : Application du cercle de comparaison 32 000 km2 : région de Dijon et Bern (Cartographie P. Vaillant sur fond de plan réservé Michelin)

Cette région, la Suisse, pourrait devenir un modèle de confédération pour toute l’Union Européenne, de par la qualité de son système de fédération des cantons.

Superficie : 41 300 km2 ; Population : 7 524 000 habitants ; Densité : 182 hab/km2

14.B.1.2. Les régions conviviales de potentialité hybride : la région Moselle-Main, la région Bourgogne-Franche-Comté :

Les régions conviviales de potentialité hybride sont des propositions qui portent sur un regroupement de frontières existantes, avec un centre de référence existant ou non.

La région de Moselle-Main (centre de référence proposé : Wiesbaden)

La proposition pour la région conviviale de « Moselle-Main » est une réflexion menée sur les deux Lander Hessen et Rheinland-Pfalz. Cette entité territoriale inclut donc la métropole de Frankfurt, 〈444〉 ainsi que les capitales des deux länder en question. Il se pourrait qu’historiquement un tel groupement soit impensable. Mais n’est-il pas important de reconnaître qu’il y a une polarisation de cet ensemble autour de 3 villes ? Il est à noter que le territoire de la Bavière arrive presque jusqu’à Frankfurt : c’est une raison qui contribue à la pertinence de regrouper à Wiesbaden l’ensemble des fonctions de gouvernement régional. En tant que pôle symbolique d’entité régionale (ou connurbation), on pourrait considérer que la ville de Wiesbaden en deviendrait le centre symbolique. Mainz apparaît handicapé par les pistes d’envol de l’aéroport, et pourrait être limité dans son développement. Par ailleurs, Frankfurt tient la clé de la Banque européenne et du principal aéroport allemand. Ce dernier accueille la Lufthansa.

La superficie actuelle des deux länder de Hessen & Rheinland-Pfalz est de 40 968 km2 pour 10 128 000 habitants (densité 247 hab/km2). La prise en compte du projet de SLL+ (2003) conduirait aux données suivantes :

Superficie : 32 178 km2 ; Population : 8 990 000km2 ; Densité : 279 hab/km2.

Ce passage n’est pas encore acquis et exigera probablement un débat citoyen et un référendum local pour confirmer l’adhésion à ce projet.

La région de Bourgogne-Franche-Comté (centre de référence proposé : Dijon)

La région d’étude comprend l’ensemble de la Franche-Comté, une partie de la Bourgogne ainsi que le département de Haute-Marne. Ce territoire mérite une étude approfondie et l’adoption de cette proposition serait tributaire d’une bonne collaboration entre Dijon et Besançon, les deux capitales actuelles. La revue géographique de l’Est y a consacré son numéro complet. Le projet de liaison Rhin-Rhône par voie fluviale concerne très particulièrement cette région. Pourrions-nous espérer que le débat pour la réalisation d’une telle infrastructure soit tenu à un échelon européen, pour permettre une prise de conscience sur l’envergure des enjeux, qui dépasse un débat d’écologie de conservation locale, ainsi que d’intérêts parisiens. En effet, dans un débat écologique au sens large, l’avantage du transport par voie d’eau est considérable : c’est le même contraste qu’entre le fer et la route. Cela montrerait que la France peut sortir des solutions jacobines de centralisation exclusive sur Paris.

Superficie : 46 568 km2 ; Population : 2 618 000 habitants ; Densité : 56 hab/km2. 〈445〉

14.B.1.3. Les régions de potentialité pure : la région « Seine » (centre de référence : Paris-Chessy) , la région Nord-Picardie (centre de référence : Arras).

Les régions de potentialité pure sont une proposition qui porte tant sur la frontière que sur le centre de référence.

La région Seine : Paris-Chessy : la région de Paris :

Un consensus [10] existe sur le fait que les limites actuelles de l’Ile de France soient trop petites. Mais faut-il aller jusqu’à regrouper 8 régions comme le propose la DATAR ? Nous pensons que non : la plupart des cartes du SESGAR, des MIATT sans l’écrire explicitement, et surtour sans en tirer toutes les conclusions, donnent pour limite notre proposition (voir plus loin). Cette région d’étude en tant que région conviviale concerne la région Ile de France ainsi que les parties prédominantes des départements traversés par les affluents de la Seine : l’Yonne, Troyes, Châlon en Champagne, Sud de l’Aisne , l’Oise, ainsi que Chartres.

Cette proposition respecte les découpages actuels des départements hormis les ajustements au Nord et au Sud. Même si la conscience de la nécessité d’élargir le périmètre de l’Ile de France augmente (Michel Lussault, dans le numéro spécial Démocraties [11] de la revue Urbanisme le souligne), cette proposition portée par des personnalités reconnues n’est pas encore en débat public. Elle est développée par Edmond Bonnefoy dans son intervention au Congrès de l’AIU/ISoCaRP à Anvers en septembre 2007 [12].

Superficie : 55 666 km2 ; Population : 14 210 000 habitants ; Densité : 255 hab/km2. 〈445〉

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Figure 14‑7 : Application du cercle de comparaison 32 000 km2 : région de Paris (Cartographie P. Vaillant sur fond de plan réservé Michelin)

La région Nord-Picardie (centre de référence : Arras)

Cette région « Entre Amiens et Lille » a été étudiée par William Twitchett [13]. Les régions fortes limitrophes sont la Belgique (centre de référence : Bruxelles), la Normandie (centre de référence : Lisieux, « Entre Rouen et Caen ») et la région parisienne (Centre de référence : Paris-Chessy, le lieu d’interconnexion des TGV de France). Le plan qui suit montre qu’à 100 km de Bruxelles se trouve Lille. À 100 km de Rouen se trouvent Amiens et Paris. Le cercle indicatif de 100 km autour d’Amiens rencontre Lille, Boulogne, Rouen et Paris.

Il est ainsi très difficile de trouver un équilibre entre ces fortes régions constituées, et de trouver un pôle de référence (ou centre de référence) qui favorise un équilibre entre les différents ensembles régionaux. Un pôle de référence de synthèse, qui se trouve sur la médiatrice entre Lille et Amiens pourrait être Arras, suivant le schéma ci-dessus.

Superficie : 21 056 km2 ; Population : 4 785 000 habitants ; Densité : 227 hab/km2. 〈447〉

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Figure 14‑8 : Application du cercle de comparaison 32 000 km2 : région d’Arras (Cartographie P. Vaillant sur fond de plan réservé Michelin)

Après l’étude des régions fortes environnantes incontestables (quelle que soit leur constitution interne), il est maintenant étudié « l’espace en creux » que forment ces régions.

Le plan de présentation de la région « Entre Vosges et Ardennes » devra donc respecter ce plan, à chacune des trois échelles C1, C2, C3.

(…) 〈448〉

______________________________________________________
Notes :

[1] Jacques Bertin, Sémiologie Graphique. Les diagrammes, les réseaux, les cartes, Paris, La Haye, Mouton, Gauthier-Villars, 1967. 2e édition : 1973, 3e édition : 1999, EHESS, Paris
Pierre Gonod, « L’hypothèse générale de la prospective anthropologique », Colloque de Cerisy « Intelligence de la complexité », 23-30 Juin 2005, 47 p.. (texte placé en annexe 00b)
[2] SESGAR : Service d’Etude et Secrétariat Général aux Affaires Régionales, situé à Pont-à-Mousson, sur un site commun à l’EPL Lorraine (Établissement Public Foncier de Lorraine).
[3]Site internet : http://epp.eurostat.cec.eu.int/portal/page?_pageid=1996,45323734&_dad=portal&_schema=PORTAL&screen=welcomeref&open=/general/reg/reg_dem/reg_dempoar&language=fr&product=EU_MAIN_TREE&root=EU_MAIN_TREE&scrollto=68
[4] Nomenclature d’Unités Territoriales Statistiques élaborée par l’Union Européenne et dont les données sont disponibles sur le site d’Eurostat. Le fascicule de base utilisé dans la présente thèse est référencé KS-RA-07-020-FR-N , et est consultable sur l’annexe informatique à l’adresse suivante : 00_Annexes\Annexe11-Region-Sous-continent\D2-Europe\Europe-NUTS\NUTS1-NUTS2-NUTS3-CARTES_KS-RA-07-020-FR.pdf. Il donne les plans des NUTS 1, 2 et 3 à jour au 1er février 2007
[5] Site de Wikipedia, à la rubrique « Liste des régions de l’Union Européenne, à l’adresse suivante :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9gions_de_l%27Union_europ%C3%A9enne.
[6] Voir la bibliographie des sites Internet en annexe.
[7] Voir les explications de la figure 11-7, en partie II, chapitre 11.B.1.
[8] La M.I.I.A.T. (Mission Interministérielle et Interrégionale d’Aménagement du Territoire) des pays du Nord Microsoft a réalisé en 2002 un fichier Powerpoint visible sur le site
musenor.poleuniv-lille-npdc.fr/n_telecharg/prospective/Pays_du_Nord.ppt. La page 7/11 montre le rayonnement de Bruxelles dans un rayon de 100 km environ. Il est placé en annexe00b du DVDrom joint.
[9] voir http://www.baden-wuerttemberg.de/fr/Notre_land/86237.html : « Le Bade-Wurtemberg est le seul land de la République fédérale d’Allemagne à s’être constitué par référendum. Le 16 décembre 1951, la majorité des citoyennes et citoyens du Wurtemberg-Bade, du Wurtemberg-Hohenzollern et du pays de Bade s’est en effet prononcée pour le regroupement de ces trois länder. La création du Bade-Wurtemberg le 25 avril 1952 a été le moteur d’une ascension sans précédent du nouvel État du sud-ouest. Theodor Heuss y voyait un « modèle des possibilités allemandes » »
[10] Dès 1974, Etienne Juillard propose l’aménagement d’une « vaste connurbation urbaine de 200km de rayon, pour créer des structures d’accueil dignes d’une capitale de l’an 2000 » dans son ouvrage intitulé La « région », contribution à une géographie générale des espaces régionaux, p. 230. Ceci est d’ailleurs d’autant plus étonnant qu’il propose « qu’un rayon de 100 km soit un maximum » pour une capitale régionale  (p.202, cité ci-avant). Ce maximum change-t-il vraiment pour une ville mondiale ? Nous pensons que non, car la référence reste le corps humain pour toutes les régions. La rapidité des transports peut amener à nuancer cette affirmation : cette rapidité est à analyser avec l’ensemble des autres contraintes urbaines (ruptures de charges, difficultés de circulations radiales, gestion du temps, …)
[11] Revue Urbanisme, n°spécial, Démocraties,
[12] Voir le texte de son intervention sur le site de l’AIU/ISoCaRP, placé également en annexe informatique à l’adresse suivante : Annexe04-Terre&Cite\TEXTES-Bonnefoy-Twitchett-PV_\Bonnefoy-Edmond-Hildebrandt_a-Francais.pdf
[13] Cette région a fait l’objet d’une intervention au Congrès de Gelsenkirchen. Le texte est sur le site www.tercitey.org.

Articles récents

Conclusion générale

Conclusion générale de la thèse :

Le travail présenté est celui d’un « passeur de frontières », dans l’esprit de la fondation de l’Université ARTEM à Nancy. Cette Université en cours de construction souhaite développer une culture transdisciplinaire conjuguant le management, le commerce et les Arts [1]. Il y a encore quelques années, la démarche transdisciplinaire était difficile, car « le passeur de frontière qui se consacre vraiment à des interfaces est vite un traître aux yeux de chacune des parties » [2]. Pour faire face aux défis du monde d’aujourd’hui, cette démarche est devenue nécessaire. La présente thèse souhaite y contribuer.

Le formalisme de la thèse est important. Il peut paraître excessif. Pourtant, il semble à la hauteur des enjeux, et des défis que posent ces enjeux. Dans un premier temps, les principaux enjeux sont énumérés. Dans un deuxième temps, il est récapitulé de quelle manière ce formalisme est fécond en révélant d’autres manières de penser, de proposer et d’agir pour les différents réseaux sur les territoires.

Poussé par l’exigence de l’analyse de l’expérience, il est apparu une convergence des approches des différents réseaux. Ils semblent avoir « une pensée organique qui s’ignore ». La pensée organique offre un vocabulaire commun à toutes les approches. Un formalisme transdisciplinaire du procès a été mis au point pour en donner une expression la plus pédagogique possible, pour répondre aux six principaux enjeux qui suivent.

Les enjeux :

Enjeux n°1: le procès organique, tout comme les « processus organiques de régulation » est le réel lui-même:

Ce formalisme est celui du réel lui-même. Les composantes du procès, nommées « processus organiques de régulation » par Pierre Calame [3] sont partout les mêmes: seule leur expression diffère suivant les cultures, les thèmes traités, les échelles considérées, … Cela explique que les questions posées soient universelles, et que seules les réponses soient particulières. Les liens entre les composantes permettent de les conjuguer, de faire l’unité dans la diversité, de comprendre comment « se réalisent les valeurs » et de prendre en compte les dimensions d’harmonie, d’intensité et de liberté à l’oeuvre que l’on constate (ce sont les « faits têtus ») dans les sociétés minérales, végétales, animales et humaines.

Le formalisme est une construction qui s’approche du réel. L’interprétation organique est non idéaliste: elle dévoile le réel. L’approche organique est réaliste, et même un réalisme radical. Elle tient compte des « faits têtus ». Elle offre une vision d’ensemble et donne une perspective. C’est une visée subjective qui finalise la diversité et la multiplicité du réel. Ce dernier n’est pas étalé devant nous comme un paysage sans explication, il n’est pas une représentation inerte, qui ne serait pas une visée de l’homme. Les représentations ne sont pas une paire de lunettes (Heideger, Kant). Elles sont une visée pour orienter vers une finalité humaine. Elles ne sont pas imposées de l’extérieur: il y a une correspondance avec le réel. Le réel est là, c’est le procès, et l’approche devient vraie et non illusoire à partir du moment où elle s’approche du réel. Nous ne sommes pas sur la berge du fleuve à regarder le fleuve, nous sommes DANS le fleuve. La vérité n’existe qu’en se vivant en harmonie dans le flux du réel, et nous sommes capable de réfléchir sur ce réel qui nous entraîne.

Le formalisme implicite de l’oeuvre des réseaux considérés correspond au formalisme explicite de Whitehead (le procès organique interne –concrescence– et externe –transition-). Nous bénéficions déjà de l’acquis de presque 80 ans de pensée organique (1929-2008). L’intérêt est d’ancrer le travail dans le champ scientifique et philosophique avec toute la richesse de l’approche humaniste.

Enjeux n°2: quatre composantes principales universelles:

Ce formalisme tourne décidément toujours autour de quatre composantes principales, qui se retrouvent déclinées dans toutes les dimensions. Le schéma étant toujours le même, il permet des « rapprochements inattendus », des « métissages de l’esprit », un dialogue entre spécialités, des « innovations frontales »[4], l’élaboration de contrastes entre opposés, …

Pierre Calame est parti dans Mission possible (1995) de l’exemple du lac suisse[5]. La thèse, elle, part de l’exemple de la réalisation d’un Château d’eau à Lunéville, puis d’autres exemples jusqu’à la Préfiguration de l’agglomération transfrontalière de Sarrebrück-Moselle-Est de 1 million d’habitants : les mêmes composantes sont à l’oeuvre.

Whitehead (tout comme les réseaux qui ont nourri la thèse) se méfie du « concret mal placé », c’est à dire des abstractions qui sont prises pour le réel. Cette erreur peut être aussi nommée cérébralisme, intellectualisme, raison instrumentale. En quoi le formalisme organique évite-t-il cette erreur ?

Formaliser, c’est clarifier, ce n’est pas faire un système: le réel est toujours plus riche que le formalisme qu’on en tire. Einstein disait : « le plus étonnant est que le réel soit intelligible ». Le critère est de rester collé au réel, d’interpréter le réel, en laissant au réel la première place. Tous les faits doivent être pris en compte, sans en omettre aucun.

Enjeux n°3: du macro au micro:

De la même façon que la FPH tire de l’exemple du Lac Léman des leçons pour toute la planète, passant du local au global, Whitehead a fait le chemin … dans le sens inverse: il est passé du macroscopique au microscopique. Ainsi, les critères de logique, cohérence, adéquation, applicabilité et nécessité l’obligent en scientifique/philosophe à reconnaître les quatre composantes (les « principes universels » de la FPH que l’on retrouve partout) dans les éléments ultimes de la matière. Il remplace ainsi l’atome sans spontanéité par « l’entité actuelle » qui est un quantum d’actualisation (au sens de la mécanique quantique). Même les détracteurs de Whitehead sont obligés de reconnaître la cohérence, la logique, l’adéquation (notamment aux « faits têtus »), l’applicabilité (avec 50 ans d’avance sur les expériences de Bernard Aspect de 1992 et 2002 au Polytechnicum de Zürich) et la nécessité. C’est sa méthode de travail. Il reste aux détracteurs à le déclarer « inintelligible », ce qui est fait par faute de temps de le lire. Le langage écrit semble inadéquat pour exprimer l’intuition organique. Le réel se laisse difficilement mettre en mots. C’est pourquoi les rencontres des Chroniques Whiteheadiennes tant à La Sorbonne qu’à Louvain la Neuve, ont été essentielles pour confronter l’expérience aux interprétation de la pensée organique, et en vérifier la pertinence (ou l’impertinence). Cette confrontation a aussi permis de découvrir le formidable humour de Whitehead. C’est au fil des rencontres que les articulations entre les quatre répertoires de la modernité émergent (Réalité, lien social, signification et spiritualité énoncés par Bruno Latour[6] (voir enjeux 4)).

Cette vision unifiante n’est pas une vision illusoire: elle semble valable pour tous. Ce n’est pas une subjectivité isolée. Le propre de l’expérience humaine est un donné universel. Tout le monde a un contact avec le cosmos. L’expérience la plus ordinaire de chaque homme le conduit à reconnaître une harmonie universelle, un cosmos. Il est lui-même une partie du tout.

Enjeux n°4: la simultanéité des quatre composantes principales :

Les travaux de la FPH sont émaillés du constat que les grands principes sont partout les mêmes, mais que les « conditions sont rarement réunies »[7]pour les mettre en oeuvre simultanément. D’où mon formalisme constitué par le même schéma décliné pour toutes les thématiques, à toutes les échelles, pour tous les réseaux

Ainsi, très paradoxalement, ce formalisme issu de l’analyse des « faits têtus » permet de simplifier, ouvrir le dialogue, créer des convergences, ne pas se limiter à des spécialités, articuler les spécialités, conjuguer simultanément les 4 répertoires de la modernité énoncés par Bruno Latour (les liens sociaux, les valeurs/la spiritualité, la signification, la réalité extérieure). Il permet d’observer la convergence des approches de différents réseaux qui ont des mots différents pour les même réalités. On veut nous faire croire que ces convergences n’existent pas. Elles existent. Ce sont les « faits têtus ». Elles ont même une valeur ontologique. Elles forment même une cosmologie.

Enjeux n°5: Vers un nouveau mode de pensée, organique, non dualiste, expression explicite des « processus organique de régulation »; les passages nécessaires :

Ce « nouveau mode de pensée » n’a de nouveau que l’explication de ce que les gens font de toute manière, naturellement. Ainsi, les termes d’appréhension, de processus, de dynamique, de proposition, de satisfaction,sont des termes courants. L’approche organique explique les liens, les relations entre les termes et le fonctionnement des notions entre elles. L’approche organique s’appuie sur les notions que tout le monde présuppose en pratique, même s’il le nie verbalement (ce que David R. Griffin, commentateur actuel de Whitehead appelle « le noyau dur du sens commun »[8]. C’est la « contradiction performative » d’Habermas, ou la rationalité imaginative de Luc Ferry. C’est le refus des abstractions non reliées au concret).

Le chemin d’acceptation du réel tel qu’il est (et non pas tel que nous voudrions qu’il soit) oblige à considérer le schème organique qui en est l’expression. Cela suppose un certain nombre de passages, pour « enlever nos lunettes » [9].

Parmi ces passages, le plus difficile sera probablement d’abandonner la théorie de la représentation, basée sur la dichotomie entre l’objet et le sujet, et le principe subjectiviste (Hume, Kant). La théorie de la représentation revient à ne voir dans les faits que ce qui arrange la théorie. Considérer le réel tel qu’il est revient à se laisser surprendre par celui-ci. Cela suppose de reconnaître l’appréhension directe du réel, dans une perception qui n’est pas limitée à la perception sensible. En effet, l’appréhension concerne également les valeurs, le passé, la mémoire, etc. ce qui est beaucoup plus large que les seuls sens. On doit se plier à certaines choses même si on ne sait pas encore l’expliquer. C’est ce que l’on peut appeler le noyau dur du sens commun. La démarche n’est pas de se démarquer mais au contraire de chercher les points de convergence.

Enjeu n°6 : l’application géographique à la région urbaine, ou région conviviale :.

Le chemin qui précède est indispensable pour définir la notion de potentialité, puis pour définir les objets géographiques à partir de la notion de potentialité. Il est alors possible de constituer les éléments d’une « boîte à outils territoriale » à partir de la pensée organique. L’ensemble de ces éléments trouvent leur expression de synthèse dans la notion de région conviviale. La démarche de synthèse proposée ici est de distinguer les différentes échelles de subsidiarité, pour qu’à chaque notion géographique soit associée une échelle indicative quantifiée (échelle indicative des 125 km2, 2000 km2, 32000 km2, etc.). La pertinence de cette échelle est testée sur la région « Entre Vosges et Ardennes ». Cette approche peut permettre de développer un nouveau regard sur une « Europe en grappe » (Kunzmann, Keating) et sur la planète composée d’une vingtaine de sous-continents.

La fécondité du formalisme organique :

Les éléments qui suivent sont une expression des principales invitations au changement de la présente thèse.

Fécondité n°1: Une « science généraliste » pour les ingénieurs territoriaux ; Recréer l’option « Généraliste » au Concours d’Ingénieurs territoriaux.

Pour le réseau de l’AITF (Association des Ingénieurs Territoriaux de France), ce formalisme est un outil pour une « science de la généralité » qui permet de sortir des seules spécialités. Cette science de la généralité peut devenir la nouvelle base de l’Option « Généraliste » au Concours d’Ingénieur Territorial. Cette option a été supprimée en 2001 par insuffisance de consistance de l’approche généraliste de l’ingénierie territoriale et institutionnelle. D’où l’idée d’inventer (à la suite de Sherburne en 1965 et de Franklin en 1990) un formalisme minimum et ouvert.

Il convient de rappeler ici que cette suppression en 2001 était motivée par la réussite au concours des titulaires de DESS, DEA ou MASTER qui n’avaient pas de parcours scientifiques « durs », en opposition à la figure du « vrai scientifique ». Cela avait soulevé un tollé des associations du CFDU (Conseil Français des Urbanistes) et de « Urbanistes des Territoires » (Bernard Lensel) qui voyaient disparaître la possibilité de recrutement des quelques milliers d’Agents de Développement Territoriaux déjà embauchés depuis 1 ou 2 contrats de trois ans, avec interdiction légale de renouveler. Le formalisme organique, ouvert aux valeurs est somme toute assez léger par rapport aux travaux des systématiciens. Une option généraliste est viable.

Il est proposé que le CNFPT reconsidère la réouverture de cette option. Il est rappelé que cela concerne en France directement plus de 1500 ingénieurs des villes moyennes et intercommunalités, et à titre d’outil commun les quelque 10 000 ingénieurs territoriaux.[10]

Cet outil peut permettre aussi de développer une base d’échange d’expérience, déjà initiée lors des Congrès AITF de Montbéliard (2001) et de Perpignan (2004); Il a permis de créer le Groupe de Travail national des ingénieurs généralistes dont j’ai été co-fondateur et animateur national en 2003-2004.

Fécondité n°2: Convergence des réseaux ; Liens entre les réseaux et l’Université :

Pour tous les réseaux cités dans la thèse (Personnalité et Relations Humaines, Hommes et Femmes dans la Cité, Terre & Cité, Association Internationale des Urbanistes, …), cette approche induit une ouverture vers les autres associations et fondations, sans rien perdre de son identité. Cette approche induit une meilleure compréhension des convergences, des complémentarités. Il n’y a plus de « petits réseaux », « grands réseaux » mais des hommes et des femmes en marche dans la même conscience de l’importance des « processus organiques de régulation » dans les sociétés à toutes les échelles. Il n’y a plus de coupure entre la recherche universitaire et la recherche dans les réseaux, d’où la place des réseaux dans ma thèse d’université. Université ne veut-il pas dire « Unité dans la diversité » ?

La convergence semble s’établir de la façon suivante: 

  • 1/ L’Université (Chroniques Whiteheadiennes/thèses) dispose avec le schème organique d’un outil d’analyse qui intégre les 4 « répertoires de la modernité » (Latour) ou les 4 composantes de la gouvernance (Calame)
  • 2/ Le CNFPT & l’AITF peuvent disposer avec l’approche organique d’une base de travail transdisciplinaire pour réouvrir l’option « ingénieur généraliste » pour une véritable intégration de toutes les spécialités,
  • 3/ PRH (260 formateurs dans le monde) peut bénéficier par cette approche d’une ouverture et d’une connexion à d’autres domaines que la seule psychologie
  • 4/ HFC (Groupe de 30 membres et environ 300 proches) a un outil d’analyse du vécu personnel ou du vécu de groupe jusque là auto-limité à une psychosociologie du passage vers une société de communion. La pensée organique fait apparaître une dynamique sous-jacente commune à tous les ateliers (Politique, Organisation, Citoyenneté, Réconciliation, Création, Éveil à la conscience sociale et politique, Croissance, Déploiement, …).La thèse montre d’autre part l’importance du territoire comme partie intégrante/constitutive de nos relations. Cela pourrait permettre de préciser ou créer un atelier Création/Territoire. La thèse permet surtout l’insertion de HFC (tout comme PRH, T&C) dans les réseaux d’humanisation de la société, avec sa propre identité (conjuguer unité et diversité).
  • 5/ Pour FPH, la thèse permet de rendre explicite une formulation organique implicite à toute l’oeuvre de Pierre Calame et les travaux de la FPH. La formalisation, somme toute fort simple, se veut un outil pédagogique de dialogue (« polyglotte ») entre tous les groupes qui s’inventent un vocabulaire (phénomène inéluctable et normal) autour des mêmes réalités d’expérience.
  • 6/ Pour CW (Chromatiques whiteheadiennes) la thèse explore une nouvelle application: la géographie.
  • 7/ Pour Terre&Cité, la thèse donne un fondement à la notion de potentialité pour oeuvrer dans le sens de l’intégration régionale, dans les mêmes termes semble-t-il que la FPH.Cette approche permet de communiquer les recherches des ateliers de Terre & Cité au niveau des sous-continents (21 régions) et des « régions conviviales » (environ 2000).
  • 8/ Pour l’AIU (env. 500 membres personnels ou institutionnels sur la planète), la thèse précise la notion de trialogue (thème du Congrès 2007) et propose les bases d’une démarche d’intégration régionale. La délégation française est en train de préparer une contribution dans ce sens pour le Congrès de Chine de 2008.

La thèse montre que sans le savoir, tous ces réseaux ont un type de pensée organique. C’est important pour faire les liens entre eux et permettre le dialogue, les complémentarités, les ouvertures, tout en gardant son identité. C’est, semble-t-il, une contribution pour permettre l’unité dans la diversité. Il y a à travers tous ces réseaux un « mode de pensée organique qui s’ignore ». Le schéma de questionnement utilisé pour la rencontre de chacun des réseaux est le même pour permettre les liens.

Fécondité n°3: la voie géographique, ou « géotique » (Mission possible, p.72d):

L’ approche organique permet de définir les « objets géographiques » en donnant un statut concret à la notion de potentialité (ou possibilités adaptées aux cas concrets; existence de possibles que l’on peut réaliser), comme composante à part entière du réel. Ainsi, la prospective n’est pas quelque chose « à part » du réel, mais partie intégrante du réel. Cela permet de sortir d’une approche géographique purement administrative et politique pour s’ouvrir à des notions intégrant l’expérience, et une approche régionale basée sur les relations, du local au global:

Au niveau local: l’échelle d’environ 32 000 km2 émerge comme échelle pertinente et cohérente des « villes et territoires » [11] A cette échelle peuvent se vivre un sentiment d’appartenance, une responsabilité écologique et une prise en compte concrète de la vie ordinaire de l’homme. C’est l’échelle d’articulation de la vie ordinaire aux échelles plus larges des nations, des sous-continents et du monde.

Au niveau global: L’échelle des sous-continents (d’environ 8 100 000 km2) émerge au niveau mondial pour une approche en une vingtaine de sous-continents pertinents et cohérents avec les données humaines et macro-écologiques.

Des pistes concrètes de potentialités régionales (Régions « Entre Vosges et Ardennes, France, Europe, Monde) sont présentées. Elles souhaitent être une contribution à la notion « d’intégration régionale » de la FPH.

Encore une fois, le formalisme organique est ici une tentative paradoxale de réintroduire dans la « science universitaire » les valeurs, la dimension spirituelle, la réflexion sur la gouvernance, la prospective, avec la pensée du mathématicien Whitehead dont personne ne conteste plus la pertinence; Cela entraîne son utilisation en secret et un silence officiel … et une reconnaissance progressive de sa pertinence, une sorte de réhabilitation depuis la publication en 1995 de Procès et réalité, l’inclusion de Whitehead dans les programmes de l’agrégation.

Fécondité n°4: Une base de travail pour l’association Terre & Cité:

Le travail présenté ci-dessus n’aurait pas été possible sans l’association Terre & Cité, et son espace de travail convivial avec des cartes sur l’ensemble du monde, des dossiers de monographies développés au fil des Congrès de l’AIU, des ateliers et expositions au Centre « Culture et Foi » (actuelle Maison Diocésaine)  depuis 25 ans.

L’association Terre & Cité (T&C) a été créée en 2001 pour travailler sur la notion de « région conviviale » (les « villes et territoires » de la FPH), dans toutes ses dimensions, et notamment la dimension spirituelle. Il est frappant de constater la convergence de vues avec la FPH.

Fécondité n°5: Développement de la capacité de rédiger des fiches d’expérience : déploiement de l’outil de l’association HFC (Hommes Femmes dans la Cité) :

Le formalisme, en définitive fort simple, employé a pour seul but d’apprendre à conjuguer les composantes du réel qui sont rarement « saisies ensemble », alors que c’est ensemble qu’elles sont efficaces pour l’explication, pour les propositions, pour l’action, et pour la transmission.

Une publication de présentation de cet outil, pour en faire un document pédagogique utile pour tous les réseaux confrontés à la difficile expression du vécu, serait utile.

Fécondité n°6 : approfondir notre propre ontologie et notre propre cosmologie :

S’approprier notre propre culture, notre ontologie, notre cosmologie, apparaît le seul vrai moyen de pouvoir dialoguer avec d’autres cultures, d’autres ontologies, d’autres cosmologies. « Aucune société ne peut dormir sur la natte des autres » [12]. Or notre cosmologie inclut les bases philosophiques de la science, et donc les oeuvres de Platon, Aristote, Descartes, Hume, Locke, Leibniz et Kant. A ma connaissance, seul Whitehead s’est confronté à la tache ardue de « réviser » (au sens de redonner une vision ajustée de ces auteurs avec pour critère de lecture les 5 critères de la logique, la cohérence, l’adéquation à interpréter l’expérience ordinaire (les « faits têtus » que beaucoup de scientifiques ignorent), l’applicabilité et la nécessité. N’est-ce pas louable ? Il s’agit de réactualiser toute la philosophie depuis l’apport de la relativité et la mécanique quantique: revoir l’apport des grands hommes à l’aune de la relativité généralisée et de la mécanique quantique. Comment faire autrement ? Le travail de Gilbert Rist est ici remarquable pour montrer comment nos croyances occidentales fonctionnent comme tous les systèmes de croyance traditionnels, mais  à ma connaissance seul  Whitehead intègre un formalisme scientifique réaliste non dualiste incluant les valeurs, la spiritualité, les acquis de la métaphysique, en laissant une place à Dieu. Que serait une cosmologie qui n’aurait pas de place pour Dieu? Michel Serres a dit « Il n’y a pas plus beau Mythe qu’une science sans mythe ». Ne peut-on pas dire aussi : « Il n’y a pas de plus beau Déisme qu’une science sans Dieu … » ? N’est-ce pas là la fécondité dérangeante du formalisme organique de ce mathématicien, paradoxalement basé sur le vocabulaire le plus ordinaire, celui de tous les jours, avec les termes appréhension, dynamique, processus, proposition, satisfaction, … ? Paradoxalement, l’intérêt de cette démarche apparaît au « fantassin de base de la fonction publique » [13] confronté chaque jour aux multiples tâches de relation entre les élus, ses collègues, les habitants et le territoire.

Si le travail devait être résumé en un mot, il est possible de dire qu’il est une tentative d’analyse des processus de régulation organique bio-socio-psycho-techniques. Les systèmes ne sont que des éléments d’un processus, de l’avis même du fondateur de la systémique, Ludwig Von Bertalanfy. L’oeuvre du systémicien Ervin Lazslo le confirme, puisque sa systémique est issue … du procès organique de Whitehead, comme il l’explique dans sa thèse de 1970. La pensée organique propose une explication, utile à la vie quotidienne. Les « processus organiques de régulation » [14], déchiffrés par Pierre Calame dans l’exemple du lac suisse ont été pour la FPH le « fil directeur pour concevoir de nouvelles régulations socio-politiques pour la planète » [15]. La présente thèse est partie des exemples des territoires de Lunéville et de la Moselle-Est ainsi que de l’expérience du Groupe de Travail des ingénieurs généralistes du Grand-Est fançais pour une analyse en termes de processus organiques qui a des implications pour les territoires du local au global. La pensée organique a été exposée. Ainsi, comme dans l’exemple du « lac suisse », de la réalisation du château d’eau de Lunéville à l’émergence de la région conviviale « Vosges-Ardennes », l’expérience est de même nature ontologique, au sein de sociétés structurées. Un lien de subsidiarité active des territoires du voisinage à la planète a été mis en évidence. Il a été précisé de manière quantifiée l’échelle de ces territoires pour sortir des confusions d’un certain nombre de notions, comme la notion de région qui oscille entre l’échelle indicative de convivialité de 32 000 km2 (Hollande, Belgique, Rhône-Alpes, Suisse, …) et l’échelle indicative du sous-continent de 8,2 million de km2 (Europe, Chine, Australie, …). Ces éléments quantifiés peuvent apporter leur contribution à la clarté du « débat régional » sous-continental et relatif aux « villes & territoires ».

L’important apparaît de veiller aux convergences, de ne jamais opposer les notions entre elles, de veiller aux conjugaisons. En ingénieur-urbaniste praticien, la thèse a tenté une sorte de « travail en sous-oeuvre », pour trouver les bonnes fondations d’une culture transdisciplinaire, pour interpréter l’expérience et proposer des applications. Une approche critique et constructive de Descartes a été proposée, à la suite de A.N.Whitehead, pour débarrasser Descartes de ses incohérences, et réformer son principe subjectiviste. Il est ainsi possible de retrouver ses racines et d’être en accord avec les derniers prolongements scientifiques.

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Figure 16‑3 : Schéma de conclusion : les quatre intuitions qui s’alimentent aux quatre réalités ontologiques forte du schème organique. Les valeurs sont le ciment de ces réalités.

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Notes :

[1] http://www.grand-nancy.org/webv5/universites/artem.asp
Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Artem (Texte de présentation fourni en annexe 02a à l’adresse suivante : 00_Annexes\Annexe02a_AITF_GT-EST-14rencontres-1998-2004-OutilFPH-OutilHFC\CNFPT-ARTEM\artem1.pdf).
Artem (acronyme de « art, technologie, management ») est un projet d’alliance pluridisciplinaire et interuniversitaire unissant trois grandes écoles nancéiennes afin de développer une pédagogie et des projets communs : l’École Nationale Supérieure d’Art de Nancy pour l’art, l’École des mines pour la technologie, et l’ICN Business School pour le management.
Ces trois écoles seront reconstruites à partir de 2009 sur un même campus. Celui-ci, qui n’existe pas encore, sera bâti spécialement pour l’occasion, en lieu et place de la caserne Molitor, à 15 mn en tramway de la place Stanislas (48°40′21″N 6°10′11″E / 48.6725, 6.16972). Un espace de 40 hectares sera mis à disposition des étudiants avec équipements sportifs, médiathèque, projection de films en plein air, serre tropicale…
L’alliance bénéficie du soutien officiel de plus de 30 entreprises nationales et internationales (BNP Paribas, L’Oréal, IBM, Capgemini, etc.).
Contrairement aux traditionnels accords entre écoles de commerce et écoles d’ingénieur, le partenariat mis en place au sein d’Artem ne se limite pas à un double-diplôme ingénieur/manager. Cette formation est bien sûr possible moyennant une année d’étude supplémentaire ; mais Artem vise aussi un métissage des cultures dès la première année de l’entrée dans les écoles. Ainsi, ingénieurs, managers et artistes partagent des cours en commun dans le but d’élargir le spectre des compétences et au-delà, de rencontrer des étudiants d’horizons très divers. D’autres enseignements seront mutualisés à l’avenir (langues, humanités, etc.).
L’ambition d’Artem n’est donc pas de former des ingénieurs dans un premier temps et des managers ensuite (ou réciproquement), mais de former en même temps des « ingénieurs-managers-innovateurs », des managers sensibilisés à l’ingénierie et à l’art, et des artistes conscients du monde technique et économique qui les entourent.
[2] Pierre Calame, Cahier de proposition « Refonder la gouvernance mondiale (…) », 2001, p.64
[3] Pierre Calame, Mission possible, DDB 1995, p.65b & suiv.
[4] Pierre Calame, Mission possible, DDB 1995,  p.60-61
[5] La FPH part de l’exemple du Lac, et de la banlieue française pour servir de  » fil directeur pour concevoir de nouvelles régulations pour la planète » (Mission Possible, p.64-65). Les quatre composantes sont explicitement décrites (p.65a: « 1°/ un acte délibéré; 2°/ visant à introduire une nouvelle régulation (…); 3°/ (…) consensus (…); 4°)/ (…) apprentissage (…) »). Ce sont celles du procès. L’ouvrage explique qu’on les retrouve tout le temps. Avec d’autres termes, c’est la démonstration du procès, c’est à dire le réel lui-même. Sans le savoir, l’oeuvre de la FPH semble être fondée sur le processus (nombreux exemples, notamment bip 2998)
[6] Bruno Latour, Nous n’avons jamais été modernes.
[7] www.fph.ch, document bip 2898, alinéa n°19, placé en annexe 02a / Outils FPH
[8] Voir en partie II le chapitre 7.1 p.185.
[9] Mot d’Heidegger que la FPH cite en bip 2898 al. n°8.
[10] Cette proposition rejoint le souhait de la FPH d’ un axe prioritaire de formation des fonctionnaires Voir l’action « Contribuer à l’émergence d’une pensée européenne sur les services publics » de l’axe géographique, travaillé en lien avec l’AITEC.
[11] (expression de la note FPH du Congrès de l’Association des Maires de Chine des 23-24 juin 2001, ref. ETA31 & ETA66).
[12] Publication de la FPH, Bip 2898 page 5/14 alinéa n°15 intitulé « La contribution de l’Union Européenne au débat international sur la gouvernance »).
[13] expression de Pierre Calame dans Mission Possible et L’État au cœur pour les fonctionnaire de base de l’administration.
[14] Pierre Calame, Mission possible. Penser l’avenir de la planète. Préface d’Edgar Pisani, Desclée de Brouwer, 1995, p.65b.
[15] Ibid, p.66b.

  1. 16.B. Les apports aux acteurs Laisser un commentaire
  2. Chapitre 16 : Acteurs du territoire Laisser un commentaire
  3. 15.D. Les R.C. dans le Monde Laisser un commentaire
  4. 15.C. Les R.C. en Europe Laisser un commentaire
  5. 15.B. Les R.C. en France Laisser un commentaire
  6. Chapitre 15 : R.C. en France, Europe et Monde Laisser un commentaire
  7. 14.C. Émergence « Vosges-Ardennes » Laisser un commentaire
  8. 14.B. Régions environnantes Laisser un commentaire
  9. 14.A. Contexte européen Laisser un commentaire