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13.D. Région conviviale

13.D. La notion de région conviviale

La pensée organique est une pensée de la relation la plus élargie, avec la mise en perspective des relations tant internes (analyse génétique) qu’externes (analyse morphologique). On peut dire aussi, en d’autres termes, qu’elle permet de penser les relations tant internes, « sociologiques » qu’externes, « géographiques ». Ce réenchantement de l’analyse spatiale est un moment de conversion important. Le sujet désormais émerge du monde avec toute la richesse de sa subjectivité. C’est une conversion, en ce sens que ce mouvement inverse trois siècles de pensée moderne, où le monde émerge du sujet à travers ses représentations, où la subjectivité construit le monde (la « révolution copernicienne » de Kant). Ce sont deux mouvements inverses face à une même réalité, et beaucoup de vérités partagées entre les deux. Il faut y voir un mouvement de l’histoire plus qu’une opposition ontologique. Et c’est ainsi que toute l’expérience accumulée des hommes peut s’enrichir d’une génération à l’autre, tout en nommant mieux les limites des approches successives afin de les rendre moins contradictoires.

A sa façon, Jean-Marie Pelt fait cette démarche dans l’ouvrage La solidarité chez les plantes, chez les animaux, chez les humains (2004), après avoir étudié l’agressivité dans un ouvrage précédent (2003). Il montre comment l’écologie remplacera probablement l’économie dans les préoccupations des hommes dans les prochaines décennies.

René Passet tisse également des liens entre l’homme, la société et la nature dans L’économique et le vivant (1979). Il énumère les conséquences de l’oubli (ou l’omission) de ces liens dans Éloge du mondialisme par un « anti » présumé (2001), en faisant soigneusement la distinction entre mondialisme et mondialisation, comme cela a été expliqué ci-avant.

La notion de région conviviale présentée ici se situe dans le cadre précis d’un mondialisme. Ce mondialisme appelle à la construction d’une gouvernance planétaire. Cette gouvernance, pour former la communauté humaine planétaire (R. Passet, P. Calame) devra s’appuyer sur une rationalité incluant l’expérience de l’homme, sur l’exemple de la pensée organique présenté dans la présente thèse.

Cette approche mondialiste existe déjà chez des géographes tels que Alain Reynaud. Dans son ouvrage Société, espace et justice (1981), cet auteur présente la situation à partir de la valeur de justice ou d’inégalité des territoires de continents entiers. Les cahiers de l’I.A.T.E.U.R. [1] prolongent cette démarche, comme le Cahier n°75-76 de 1988 Analyse régionale : application du modèle Centre et Périphérie, Travaux de l’Institut de géographie de Reims [2]. La démarche présentée ici propose d’étudier la notion de région à partir de la valeur de convivialité, pour un « mieux vivre-ensemble ». Cette valeur inclut la justice en proposant le passage de la notion de dominant/dominé à la construction d’un « mieux vivre ensemble » dont l’optimisme est limité par l’exigence d’ouvrir la notion d’activité et de société à l’ensemble de la nature, des territoires, des sociétés naturelles, animales et humaines et des hommes comme individus sociaux.

13.D.1. Qu’est-ce que la convivialité ?

Essayons de défricher les premiers éléments de cette approche.

De quoi s’agit-il en effet ?

  1. De passer d’une logique de rapport de force (soutenue par une certaine vision de l’Évolution) à une logique de convivialité.

Toute la nature semble plus fondée sur la coopération que sur la compétition. Mathieu Calame l’analyse et l’exprime clairement dans son ouvrage sur l’agronomie biologique, et ce point est développé plus loin, page 426 (chapitre 13.H.1.1.).

  1. De ne pas déresponsabiliser les personnes. Prenons l’exemple pacifique de la Catalogne, qui diffère de l’exemple de la violence au Pays Basque : ces deux provinces veulent une autonomie (certains de ses habitants la veulent complète), mais quelle est la manière d’y arriver ?
  2. De donner sa place au corps humain : la question est de vivre à l’échelle à laquelle le corps peut se déplacer : le corps humain est un plus, un avantage et non un encombrement. Un critère de la région conviviale réside dans la qualité de la relation, et ce critère va à l’encontre de la « pensée unique », du « monde unique », du « cyber-monde », avec une tendance à remplacer les relations par les moyens technologiques. Le corps a de l’importance et pas uniquement dans les publicités, dans son aspect extérieur, « public » : idéalisation du corps, de la beauté, d’un type de femme, de la jeunesse. Il existe une notion de qualité de communion qui dépasse de loin les aspects superficiels de l’homme … Le corps était déjà valorisé chez les Athéniens du Vè siècle, il est à l’image de Dieu dans l’œuvre peinte de la Renaissance italienne.
  3. De définir la taille des régions. C’est un problème aigu pour les nations de la taille de la France, qui sont très structurées, très centralisées, que de définir des régions gagnant en autonomie : en ce sens, la région conviviale est presque subversive ! Pourtant les réflexions officielles sur de nouvelles régions se sont succédées dans les publications de la Datar, relayée par la DIACT. Un a priori circule selon lequel une autonomie plus poussée des régions générerait la mort de la nation. La Catalogne serait la mort de l’Espagne. Le Pays Basque également. Il faut penser ces notions dans leur solidarité et leurs apports réciproques (4ème mutation de l’urbanisme vue au chapitre 12), et pas uniquement en termes d’oppositions, de cloisonnements, de séparations, de fragmentations (3ème mutation de l’urbanisme). La nation est culturelle et historique. Elle peut garder son importance à ce niveau. La région conviviale sera l’espace de développement de la subsidiarité active, articulé à un sentiment d’appartenance intense, à une identité liée (et renforcée) par les interactions quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, …
  4. De créer une Europe des régions.

L’Europe développe une importance politique en faveur des régions. Le Schéma de Développement de l’Espace Communautaire (SDEC) constitue son cadre d’orientation politique afin d’améliorer la coopération des politiques sectorielles communautaire ayant un impact positif sur le territoire [3]. Une démarche particulièrement intéressante dans le cadre de la présente thèse est la réflexion portée sur un nouveau partenariat ville/campagne. Ce dernier a pour but de promouvoir une approche intégrée à l’échelle d’une région afin de résoudre ensemble des difficultés insurmontables de manière séparée. Les analyses qui suivent souhaitent être une contribution dans ce sens. D’autre part, l’Europe fait un effort considérable d’harmonisation progressive des disparités régionales, dans le respect des identités, à travers la mise en place de la Nomenclature des Unités Territoriales Statistiques (NUTS) de niveau 1 (population entre 3 millions et 7 millions d’habitants), niveau 2 (population entre 800 000 et 3 millions d’habitants), et niveau 3 (population entre 150 000 et 800 000 habitants). La proposition faite au chapitre 15.C. d’une Europe des régions conviviales s’appuie sur cette démarche. Beaucoup d’autres sous-continents du monde s’inspirent également de cette démarche pour résoudre leurs conflits internes ou organiser leur marché intérieur (Afrique, Chine, Mercosur).

  1. De développer un Art de la fondation : (« Vivre au Pays » [4] …). Cela suppose de redéfinir soigneusement les notions de frontière, de centre (ou origine, qui indique une incomplétude, et permet donc l’ouverture). La notion de centre fédérateur, largement utilisée dans différentes parties du monde [5], n’est pas habituelle dans la culture géographique française, malgré la politique des villes-nouvelles et la démarche des « métropoles d’équilibre » avancée dans les années 1960.
  2. De mieux gérer la communication : une énergie excessive est dépensée en communica­tion. On ne peut pas continuer sur le rythme actuel. Maintenir par avion les relations souhaitées par les gens et parcourir les énormes distances (par exemple au Canada, en Russie, aux USA et en Australie) est peu souhaitable. Le continent peut être vécu autrement : il existe une façon d’articuler les systèmes de gouvernance, les ressources, la formation, l’accès à la ville attrayante, les lieux d’attraction et les pôles de décision accessibles sans avoir à tout quitter pour aller dans une autre culture, comme l’exode de l’Afrique vers la France. Mondialisation, centralisation sur les capitales des nations, les centres des empires, les centres boursiers, … il existe d’autres façons de gérer ces processus.
  3. De développer une pensée basée sur la relation et non plus sur les objets. Ivan Illich, dans son ouvrage sur La convivialité [6], indique le passage d’une société basée sur le matérialisme, la productivité, le profit … à une société basée sur la convivialité. Cela n’exclut pas la compétitivité, ni l’efficience ! La mondialisation n’est pas exclusive d’un mondialisme [7]! Mais cela limite les prétentions à assurer simultanément à elles seules la convivialité, c’est-à-dire à mettre l’homme au service des outils, alors que les outils doivent être au service de l’homme. L’approche d’Henri Bartoli, économiste personnaliste [8] et intervenant à l’UNESCO, est aussi très intéressante en ce sens.

13.D.2. Le développement : de la région conviviale de William Twitchett à la société conviviale d’André Rochais et de Geneviève Vial, et à l’outil convivial proposé dans cette thèse

La première référence à la région conviviale se trouve dans une intervention de William Twitchett au Congrès de l’AIU de 2003 au Caire, et a été retranscrite dans les Actes du congrès [9]. Ce travail a été approfondi aux Congrès suivants de Genève en 2004 [10] et de Bilbao en 2005 [11].

L’expression de « région conviviale » est née de la prise de conscience des limites actuelles de la réflexion sur les régions urbaines. Les régions urbaines semblent être construites en opposition aux régions dites rurales. En outre, les frontières de la « région urbaine » s’arrêtent à la périphérie de la ville, et n’incluent pas, le plus souvent, les campagnes. Les réflexions sur le « rurbain » abondent, ainsi que sur la disparition progressive des limites entre le rural et l’urbain. Mais rarement la région est étudiée dans son ancrage au territoire, tant rural qu’urbain, les deux à la fois. Comme si le passage à la ville était le passage de la nature à la culture, celle-ci effaçant la nature. Comme si une progression inexorable devait effacer la nature pour conduire à la ville, la peur de ce mouvement entraînant à l’inverse une nostalgie de la nature vierge.

La région conviviale exprime la volonté, ou plutôt le désir, de ne plus séparer la nature et la culture, le rural et l’urbain, la motivation de l’homme et son « instinct d’habiter » d’avec l’espace qu’il produit. Car ils font « corps » : la nature autant que la ville sont le prolongement du corps de l’homme. Ils sont respectivement le « corps spatial » et le « corps social » de l’homme. Autant l’expression « corps social » est usitée, autant celle de « corps spatial » n’est pas encore reconnue, ni entrée dans les consciences. Cette non-reconnaissance indique la distinction (issue de trois siècles de dualisme cartésien, dit « moderne ») entre les relations sociales et les relations spatiales. La ville se construit sur les traces de l’homme dans son apprivoisement progressif de la nature. Ces traces restent souvent imprimées dans les sites urbains : les anciens chemins ou cours d’eau apparaissent dans les parcellaires. La ville moyen-âgeuse apparaît à travers ses restes de remparts. L’histoire de l’homme se combine avec l’histoire de la nature, tant la nature rurale que la nature urbaine. Qui n’a pas été étonné de l’inventivité de l’implantation des oiseaux dans la ville, de l’acclimatation de nouvelles essences de plantes et d’arbres dans la ville, et des nouveaux cycles de l’eau dans les ensembles urbains ? La nature tout autant que nous s’adapte, évolue, se transforme, invente ses nouveaux équilibres… Les ingénieurs en espace vert des villes, autrefois relégués à la portion congrue au milieu des techniques urbaines, deviennent aujourd’hui les chefs d’orchestre de « l’évolution naturelle » des villes et de l’intégration des techniques urbaines à la nature en transformation. Les éléments : l’air, l’eau, la terre, le feu (la lumière), retrouvent « droit de Cité » [12].

C’est désormais à la symbiose de l’homme et de la nature que chacun des citoyens que nous sommes est invité.

La Région urbaine est l’expression de la volonté d’épanouissement de l’homme dans toutes ses dimensions, personnelle, communautaire, corporelle, dans une attention à toutes les activités de son corps : activités quotidiennes sur le lieu de vie et de travail, hebdomadaires pour l’accès aux grands équipements administratifs de formation, de santé et aux espaces verts accessibles en masse en moins d’une demi-journée.

13.D.3. Le site urbain en tant que région (W. Twitchett, 1995)

La grande nouveauté de la démarche présentée dans la thèse de William Twitchett [13] (dirigée par Paul Claval) est de considérer le site urbain en tant que région. Les sites urbains sont généralement considérés dans leur partie dense, avec une référence à l’espace urbain lui-même, et non au site. Il est d’ailleurs très difficile de connaître exactement la population de telle ou telle région urbaine ou ensemble urbain, car les statistiques font souvent référence à des découpages partiels qui ne permettent pas des comparaisons avec d’autres sites. En général, les statistiques se limitent aux communes, en s’élargissant aux agglomérations. Les cartes ont des échelles différentes. Un exemple de prise de conscience des différences d’échelle est de constater que l’ensemble du centre urbain dense de Sydney, situé entre l’unique gare de Sydney et la pointe de l’Opéra, dont sont si fiers les australiens, correspond à l’espace fort réduit qui sépare la Gare de l’Est de l’Ile Saint-Louis à Paris … Chacun pourra trouver des exemples dans sa propre région conviviale.

Cette nouveauté prend bien en compte simultanément les différentes échelles dans les trois dimensions territoriale, sociétaire et économique. Ivan Illich exprime bien à sa façon cette démarche : « Personne ne niera que son existence sociale se développe sur plusieurs échelles, dans plusieurs milieux concentriques : la cellule de base, l’unité de production, la ville, l’État, la terre enfin. Chacun de ces milieux a son espace et son temps, ses hommes et ses ressources en énergie. Il y a dysfonction de l’outil dans l’un de ces milieux lorsque l’espace, le temps et l’énergie requis par l’ensemble des outils excèdent l’échelle naturelle correspondante ». (Illich, C, p.116) Illich appelle ces trois dimensions les trois milieux d’existence sociale : ces milieux de vie sont ceux de l’homme dans son corps, de l’expérience corporelle de l’homme, et de son « incarnation ».

Cette prise en compte simultanée des trois dimensions ou milieux de vie aux différentes échelles est facilitée par l’approche en termes

  • de cercles de référence correspondant à chaque milieu,
  • de densité à l’intérieur de ces cercles de référence (relation de la population à son site), et
  • d’analyse de la vie quotidienne à l’intérieur de ce site (travail, loisirs, logements, et les transports qui les lient).

Cette façon d’aborder un site correspond à la prise en compte de la vie quotidienne dans toutes ses dimensions, pour le grand nombre. L’expression spatiale est l’expression d’une culture, et le lien entre la culture et l’espace est à découvrir dans l’analyse de la façon de vivre le site, dans « l’habiter » du site pris dans son ensemble.

Il convient ici de bien distinguer les trois cercles concentriques correspondant aux trois milieux ou dimensions (voir chapitre 13.D.4. p.391) des trois échelles des cercles de référence (voir chapitre 13.E.4. p.406). Les premiers indiquent des réalités simultanées, alors que les seconds sont des références d’échelle spatiale permettant des comparaisons spatiales des régions conviviales entre elles, à travers les cartes. Les premiers sont simplement indicatifs des emboîtements des réalités, sans aucune idée de prédominance ou de caractère spatial. Les activités naturelles incluent les activités sociétales qui incluent les activités humaines, dont les activités économiques (R. Passet, L’économique et le vivant, 1979). La seconde série de cercles, les trois échelles de référence, permet une appréciation qualitative comparée à travers les cartes des sites (régions conviviales actuelles ou potentielles) du monde.

Ici, le site urbain est considéré en tant que région de vie quotidienne et hebdomadaire, y compris en tant que potentialité si ce n’est pas le cas. Il y a ici la présence de l’histoire, avec sa causalité efficiente [14] à travers les « habitudes » [15]. Les habitudes (pour le corps individuel) et les traditions (pour le corps social) sont une démarche que chacun fait naturellement, souvent sans s’en apercevoir, au delà de toutes les théories fragmentées, éparses, qui cloisonnent, divisent, segmentent le réel. Chacun fait naturellement référence au corps et à la réalité de fait de l’unité du corps, et postule, le plus souvent inconsciemment, l’unité des phénomènes. Le scientifique, surtout le généraliste, est là pour nommer cette unité : il « unit dans la distinction », et relie entre eux les éléments multiples du réel. « Le généraliste limite le champ d’investigation des spécialistes tout en stimulant leur imagination. » [16]

Une conséquence immédiate de cette démarche est que l’analyse économique est resituée dans cet ensemble, et non comme un phénomène à part. L’économie s’intègre ou non de fait dans ce cadre naturel et humain. Elle favorise ou non l’éclosion des potentialités du site et donc simultanément les possibilités d’épanouissement des personnes et des collectivités.

13.D.4. Les cercles des activités

L’activité de l’homme est incluse dans les activités de la société qui font partie des activités de la nature. Comme l’a énoncé Elisée Reclus « L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même ». Voici ci-dessous le schéma qui symbolise ces relations.

Ce schéma est très différent de celui du développement durable. Il offre l’intérêt de ne pas fragmenter les disciplines (sociales, économiques, environnementales, spirituelles), et de les considérer ensemble, simultanément. L’économie est une activité sociétale au même titre que les activités culturelles, politiques, religieuses et sociales. La notion d’activité renvoie directement à la notion de relation, et non aux objets, aux biens marchandisables ou la matière. Cette notion est au cœur de l’approche pragmatique de W. James [17], terreau de l’approche organique. Elle est développée par des auteurs contemporains : René Passet dans L’économique et le vivant, et les analyses d’Ulrich Beck citées en 11.B.1.

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Le schéma exposé permet d’autre part d’élargir la notion de bien aux biens naturels, sociaux, personnels, et non plus seulement économiques. La notion de bien, référée aux activités, pourra s’exprimer en terme de relations : relation de l’homme avec son outil de travail, relation des hommes entre eux et relation de l’homme avec la nature. Les biens se répartissent dans les trois cas suivant que le sujet de l’activité est l’homme ou le personnage/« quasi-personnage » (Lussault, HS 2007) avec qui il est en relation. Ainsi, on trouvera successivement les biens privés, les biens particuliers / les biens industriels et les services aux personnes/ les ressources naturelles et les biens publics. On le voit, ces six types de biens relèvent d’une définition élargie par rapport aux seuls biens économiques marchandisables, échangés dans une économie de marché, de type libéral. Une analyse des biens est proposée au chapitre 13.E.

Les trois relations fondamentales citées sont les trois réconciliations à réaliser pour chaque homme : avec lui-même, avec les autres et avec la nature. Pierre Calame appelle gouvernance la gestion des relations entre ces trois dimensions des activités et des sociétés : « La gouvernance, c’est l’art des sociétés de créer des régulations nécessaires à leur survie et à leur épanouissement. C’est une question éternelle et universelle ; chaque société doit y apporter des réponses adaptées. C’est l’art de gérer les relations entre les hommes, entre les sociétés, entre l’humanité et la biosphère, entre les échelles, entre les problèmes » [18]. C’est aussi l’art d’assurer le maximum d’unité et le maximum de diversité ». La notion organique de sociétés aussi bien minérales, végétales, animales qu’humaines donne un relief particulier à ce propos : l’expression « gouvernance des sociétés » implique toutes les sociétés citées. Insister sur le maximum d’unité et de diversité est affirmer les trois premières catégories de l’obligation du schème organique, décrit aux chapitres 8 et 9 (avec le tableau de synthèse en partie 9B).

Pour l’AIU, le trialogue se décline pour chacune de ces trois relations, ou dimensions. La région conviviale a la caractéristique de les envisager toutes en même temps. La Vision pour 2020 de la Grande-Région, exprimée lors du 9ème congrès du 1er Juin 2006 est structurée selon ces trois dimensions[19]. Il est ainsi possible de proposer un certain nombre de critères, en les organisant suivant les trois dimensions humaine, sociétale, et naturelle.

Jean Brunhes a fait des notions d’activité et de connexité la base de sa géographie : « la géographie, la géographie moderne est dominée par deux idées capitales, l’idée d’activité d’une part, et l’idée de connexité de l’autre. Elle n’est plus un inventaire, elle est une histoire . Elle n’est plus une énumération, elle est un système » [20]. Sa notion d’activité est le procès organique. D’autre part, curieusement, ces deux notions d’activité et de connexité ne figurent pas dans son index des principaux sujets traités, pourtant fort complet. Il n’a indiqué que la notion de psychologie. Il consacre à cette notion les pages 295 à 301. Son propos peut être résumé dans les deux citations suivantes : « Nous pourrions multiplier les exemples qui légitiment et confirment l’importance que nous avons attribuée et reconnue à l’effet psychologique comme organe de transmission entre les faits de l’ordre physique et les faits économiques » [21]. Il précise plus loin son propos : « L’élément psychologique humain, qui est donc, à l’origine du fait géographique, l’intermédiaire obligé entre la nature et l’homme, pourrait être appelé, selon une expression chère à Henri Bergson, « la direction de l’attention », et, c’est encore un facteur psychologique qui se trouve être l’intermédiaire obligé entre la nature et l’homme quant aux conséquences sociales, historiques, politiques qui en sont la suite » [22]. L’explication de son propos est donc dans la philosophie, ce qui justifie qu’il ne l’ait pas intégré à l’index. Son approche est organique de fait (il cite Henri Bergson qui appartient à ce mouvement), et la pensée organique, indissolublement naturelle, psychologique, physiologique, biologique, sociologique fonde son propos. Nous pourrions multiplier les exemples d’approches organiques de fait parmi les géographes humanistes (J. Beaujeu-Garnier, etc) : une cosmologie de type organique sous-tend leur propos. La présentation de quelques fondements de cette pensée a été tentée en partie II. La référence à Whitehead permet d’éviter bien des impasses de la géographie scientifique actuelle, pour retrouver les intuitions fécondes et simples d’un Jean Brunhes. Seule la nécessité d’écarter tout fondement dualiste pour retrouver l’intuition simple oblige à présenter le développement complet du schème. 65 ans après la rédaction de son ouvrage, il semble que, face à une science modélisante qui exige du réel des réponses à ses abstractions (concret mal placé), quelques mots ne suffisent plus pour se mettre à l’école du réel (empirisme ou réalisme radical).

Sur les notions d’activité, de connexité et de causalité, son propos peut être résumé dans la citation suivante : « Entre les faits de l’ordre physique, il y a parfois des rapports de causalité ; entre les faits de la géographie humaine, il n’y a guère que des rapports de connexion. Forcer pour ainsi dire le lien qui rattache les phénomènes les uns aux autres, c’est faire œuvre de fausse science ; et l’esprit de critique sera ici bien nécessaire, qui permettra de préciser avec discernement ces multiples cas où la connexité n’est pas du tout causalité (…) Ce lien de connexion est, en effet, variable parce qu’il repose sur les besoins de l’homme, sur ses appétits spontanés ou réfléchis, et que ces éléments psychologiques, étant par nature très variable, font forcément varier le rapport entre la terre et l’homme »[23]. Il est tout à fait étonnant de constater la grande pertinence de son propos en termes de pensée organique : les « rapports de connexion » qu’il cite sans explication plus poussée (et absence à l’index), renvoient dans la pensée organique à Procès et réalité, Partie IV, chapitre II « La connexion extensive », qui est la partie mathématique la plus difficile de l’œuvre citée. Par choix pédagogique, nous avons choisi de ne pas la développer, pour poser d’abord les bases de compréhension du procès. Pourtant, toute entité actuelle (nexus ou société) doit être « quelque part » dans une région du continuum extensif, et Joseph Grange a fait de la notion de région et de connexion extensive la base de son travail en géographie. Mais ce serait ici développer une nouvelle thèse, appuyée sur les éléments présentés en partie II. Elle aurait un caractère beaucoup plus géographique, mais serait-elle comprise avant d’avoir posé les fondations ? La tâche ingrate est maintenant réalisée, et ce développement pourra être réalisé.

Il convient de souligner le rôle des premières nécessités vitales (se nourrir, se loger, se vêtir), dont l’importance est soulignée plus loin dans les critères de la région conviviale.

Le « schéma emboîté » du développement durable :

L’image bien connue du développement durable en trois cercles qui se recoupent donne une notion faussée de la réalité : elle disjoint les éléments de la réalité, là où ils sont emboîtés. Les données ne sont pas juxtaposées, additionnables, fragmentées, segmentées, fractionnées, … mais emboîtées, entrelacées, …. Ainsi est avancé le passage de l’hyper-modernité à la post-modernité « organique », pour laquelle il a été proposé au chapitre 12 le terme de transmodernité dans le but d’éviter les ambiguïtés de la notion de post-modernité.

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Figure 13‑7 : Passage d’une conception « éclatée » du DD à une conception « intégrale »

Le schéma de gauche, classique, n’est pas encore assimilé par la plupart des ingénieurs. Et heureusement ! Car ce schéma n’a rien de naturel. Il est fréquent de voir des interversions de termes dans les interfaces [24]. Or, chaque terme est à sa place : vivable signifie « où l’on peut vivre commodément » (Larousse). La viabilité, quand à elle, est la capacité à vivre d’un organisme (Larousse). Or, actuellement, c’est l’économique qui menace cette capacité à vivre d’un organisme, par les pollutions et la destruction de l’environnement. Quoiqu’il en soit, il apparaît artificiel de séparer ainsi trois dimensions parmi d’autres. Les Hollandais en rajoutent d’ailleurs une quatrième : la dimension culturelle. Le schéma de droite montre comment en fait les dimensions sont emboîtées entre elles.

En passant d’un schéma à l’autre, l’idée symbolique est de passer d’une pensée qui disjoint à une pensée qui unit. Les deux sont importants : Jacques Maritain disait « Distinguer pour mieux unir » ou Edgar Morin « Conjonction plutôt que disjonction » et le schéma de droite fait bien apparaître une part d’humain qui n’est pas dans l’économique, et une part de nature qui échappe à l’humain. Mais l’économique, création de l’homme par son activité, n’échappe ni à la confrontation à l’homme, ni à la confrontation avec la nature, et ses outils doivent (devraient …) en tenir compte. Pas de coût économique sans coût humain et coût écologique, etc … C’est un point d’insistance de Henrui Bartoli dans « Économie et devenir humain » [25] Le deuxième schéma insiste sur la relation (et non la juxtaposition). Pierre Calame et la Fondation pour le Progrès de l’Homme insistent à travers tous les travaux sur la triple réconciliation à réaliser : réconciliation de l’homme avec lui-même et la société, et réconciliation entre l’humanité et la biosphère[26].

Il y a deux façons de lire le schéma : ce qui est au cœur prédomine (l’économique) ou au contraire, l’économique est à resituer dans l’environnement humain et naturel. En fait, les deux mouvements doivent exister ensemble. Il ne s’agit pas d’un « centralisme » ou « dogmatisme », ce schéma n’empêche pas le polycentrisme pour le territoire.

L’unité dans le deuxième schéma est assurée par la pensée organique : les entités actuelles sont les mêmes par nature dans toutes les dimensions. Il n’y a pas d’un côté une matière inanimée objet de l’économie, une nature à dominer, et de l’autre une matière vivante gérée par la politique.

Application à la grille de questionnement RST.01 (Réseau Scientifique et Technique du Ministère de l’Équipement), mission DD de la DGUHC, Direction des routes et Certu) :

Ce guide de questionnement [27], qui a pour objet de permettre l’évaluation des projets de développement durable pourrait être complètement renouvelé :

  • De 3 cercles et 4 interfaces (soit 7 rubriques), on passerait à 3 dimensions (3 dynamiques)
  • De 4 critères dans chacune des 7 rubriques on passerait aux 5 réalités de chaque dynamique.

L’unité de l’approche est assurée par la pensée organique : la concrescence, support interactif de vérification scientifique de l’expression de la dynamique en 5 réalités (expression provisoire, à faire évoluer avec la société et le développement des recherches).

La notion de réalité donne de la consistance aux critères d’évaluation. En effet, la grille RST dans sa version du 15 mai 2002 semble entériner les injustices de l’économie en mettant comme critère d’interface la redistribution, l’accessibilité, la compensation des préjudices, l’équité intergénérationnelle. Ces critères présupposent que l’économie est la solution à tout, et qu’elle devra apporter les réponses. Par le schéma « emboîté », on voit qu’il n’en est rien : une limite à l’économie est à respecter pour permettre à l’humain de vivre et à la nature de se renouveler.

13.D.5. Les critères de la région conviviale, suivant les dimensions humaine, sociétale et naturelle

Voici une proposition d’expression des critères de la région conviviale sous les trois dimensions naturelle, sociétaire et humaine. Cette proposition reprend les critères de la thèse de William Twitchett. Ils sont exprimés dès 1995 de façon succincte à propos du Caire [28] : « habiter dans le désert comme le propose le gouvernement à travers une politique de villes-nouvelles suppose pour le peuple des motivations profondes, qui seront dans l’ordre

  • Nourriture, abri, santé pour la cellule familiale,
  • Accès au travail, insertion dans la vie économique,
  • Possibilité de retour fréquent au village
  • Accès à la vie politique et culturelle de la ville avec laquelle il s’identifie. ».

Ces critères sont développés au Congrès du Caire en 2003 [29]. Il y est ajouté ici la distinction des trois dimensions de l’homme, de la société et du territoire/la nature, pour permettre l’analyse et le développement en terme d’activités.

L’ordre de ces critères est important, car ceux-ci ne sont pas pris en compte par la mondialisation économique. Il revient donc aux sociétés de les reconsidérer. Les premières sociétés concernées sont les plus proches des habitants : les collectivités territoriales, du local à la région d’appartenance et de vie (ou « d’être ensemble ») qui est la région conviviale. L’ordre de ces critères est important lorsqu’on pense par exemple à la situation du Bangladesh (une des plus fortes densités humaines du monde sur un territoire inondé au quart de sa surface chaque année).

On retrouve ici les bases d’une géographie humaniste comme celle de Jean Brunhes dans La géographie humaine de 1956 (1ère édition 1942). Il développe sur plusieurs pages sa « Géographie des premières nécessités vitales » [30]. Eric Dardel insiste également sur l’importance de la relation physique de l’homme à la terre, lors du sommeil . « Habiter une terre, c’est d’abord se confier par le sommeil à ce qui est, pour ainsi dire, au dessous-de nous : base où se replie notre subjectivité » [31]. Thierry Paquot, relevant le même passage y découvre des accents heideggerien et bachelardien [32].

LES CRITERES DE LA REGION CONVIVIALE

1/ La dimension humaine :

  • La personne humaine
  • Un espace pour dormir, se tenir debout et bouger
  • De l’eau propre et de la nourriture en suffisance

2/ La dimension sociétaire :

  • La possibilité d’existence d’établissements humains viables dans la région
  • La mobilité de la population au sein de la région, pour le grand nombre et pas seulement pour quelques privilégiés
  • La possibilité de liaisons de transport avec les autres régions par eau, rail, route et air, avec des utilisations spécifiques pour chaque type de transport
  • La clarification et le perfectionnement de principes concertés de gouvernance planétaire
  • La promotion des initiatives, de la saine compétition et de l’aide mutuelle (solidarité)

3/ La dimension naturelle :

  • La conservation et/ou l’amélioration de la biodiversité
  • L’énergie : un maximum d’énergie renouvelable sur place
  • L’accès aux ressources globales en matières premières et à leur partage

La figure qui suit résume ces critères en un schéma bref:

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Figure 13‑8 : Les critères de la région conviviale

Tous ces critères sont réunis autour de la valeur de responsabilité pour la planète et de convivialité pour les régions qui composent la planète, en mettant l’homme comme le premier critère. Quelques chiffres simples marquent leur importance : un milliard de personnes dans le monde sont mal logées, et cent millions sont sans-abris  [33], un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, deux milliards et demi n’ont aucun moyen d’assainissement (Camdessus, 2004). Ces critères de la dimension humaine sont bien souvent perdus de vue dans le calcul du PIB ou même de l’IDH. Ils n’apparaissent pas dans les critères de l’ADM (Aire Démographiquement métropolisée [34]) ou la définition d’une ville internationale par François Moriconi-Ebrard [35]. A la suite de Bernard Guesnier (2006), de Siméon Fongang (2000), et de Patrice Braconnier (2005), nous pouvons appeler de nos vœux de nouveaux critères qui doivent être pris en compte comme « indicateur de bien-être humain » à créer. Ce nouvel indicateur ne peut plus occulter les besoins de base et les processus d’apprentissage collectifs par la prise de décision collective. Les critères de la région conviviale ci-avant sont une esquisse de contribution à cette nécessité.

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Notes :

[1] Institut d’Aménagement du Territoire et d’Environnement de l’Université de Reims. Voir son site nouvellement créé http://www.iateur.com/
[2] Alain Reynaud(responsable), Analyse régionale : application du modèle Centre et Périphérie, Travaux de l’Institut de géographie de Reims, n°75-76, 1988.
[3] Voir la présentation générale de cette politique sur le site Internet http://europe.eu/scadplus/leg/fr/lvb/g24401.htm.
[4] ERGAN Louis, LOEIZ Laurent, Vivre au pays, comment guérir le mal français de la concentration, des hommes, de l’argent, du pouvoir, éditions Le Cercle d’Or, Les Sables d’Olonne, 1977, 180 p.
[5] L’ouvrage de Stéphane Rosières (2003) en mentionne plusieurs.
[6] Ivan Illich La convivialité, Points Poche Essais n°65, 1ère édition 1973, réédition 2003, 160 pages
[7] Voir les explications détaillées au Chap.13.A. page 363.
[8] En référence à l’œuvre d’Emmanuel Mounier, le philosophe personnaliste.
[9] William Twitchett, « The convivial region : a fundamental entity within the world pattern of development ». Association Internationale des Urbanistes / ISoCaRP : Congrès 2003 Cairo (Planning in a more globalised and competetive world), 12 pages. Included in published book of congress proceedings, Planning in a more Globalized and Competitive Worl, Edited by Paolo La Greca, Proceedings of XXXIX International ISoCaRP Congress, Gangemi Editore, 2005, 351 p., pages 135 à 146
[10] William Twitchett, « Typology of urban regions », Association Internationale des Urbanistes / ISoCaRP : Congrès 2004 Genève (Management of urban regions).
[11] William Twitchett, « Regional spaces, creativity and sustainable cities », Association Internationale des Urbanistes / ISoCaRP : 2005 Bilbao. (Making spaces for the creative economy).. Translated in French by J & E Bonnefoy + TD.
[12] William Twitchett, Le site urbain : potentialités : réflexions sur le développement responsable et équilibré des établissements humains à partir de six exemples français, égyptiens et australiens, Éditions du Septentrion, Thèse, Directeur de recherche : Paul Claval, mai 1997, 420 p. Voir aussi Thierry Paquot, Michel Lussault et Sophie Body-Gendrot, La ville et l’urbain : l’état des savoirs, Ed. La Découverte, Textes à l’appui / série l’état des savoirs, 2000, 442 p.
[13] Idem, mai 1997, 420 p.
[14] Référence à la pensée organique, voir plus loin.
[15] Référence à la pensée empiriste de Hume.
[16] Whitehead, Procès et réalité, Gallimard 1995, page 17 de l’édition anglaise corrigée de 1978.
[17] William James, Essais d’empirisme radical, Agone, 2005. Voir le chapitre 6 : « L’expérience de l’activité », pages 129 à 148.
[18] Pierre Calame, La contribution de l’Union Européenne au débat international sur la gouvernance, 20 mars 2006, bip 2898, 14p. Le texte complet est en Annexe02a_AITF_GT-EST-14rencontres-1998-2004-OutilFPH-OutilHFC\FPH-Dossiers-Territoires\Debat_UE-Mars2006-Bip2988.pdf.
[19] Vision 2020 (2003), p.18
[20] Jean Brunhes, La géographie humaine, PUF, Paris, 1956 (1942), page 15a.
[21] Idib, p.269e
[22] Ibid, p.298a
[23] ibid, p.296c à 296e.
[24] Voir revue « Ingénieur Territorial, bulletin de l’AITF » n°24, janv-fév 2006, page 6 : les termes vivables et viables on été intervertis.
[25] Session du Groupe d’Etudes Humaines à La Sainte Baume en 1964.
[26] Le rappel de cette triple réconciliation à intervenir est émaillé dans l’ensemble des Fiches de notions clés, et des présentations des 4 axes stratégiques (géographique, méthodologique, socio-professionnelle, thématique) sur le site http://www.fph.ch/fr/strategie/strategie.html
[27] Accessible sur le site suivant : http://eedd.ac-aix-marseille.fr/outilped/grillrst.pdf ou sur
www.ac-grenoble.fr/ien.crest/IMG/Grille_RST01.doc
[28] William Twitchett (1995), page 289
[29] Voir le texte intégral fourni an annexe 07/AIU-Congrès-Textes. La citation est page 5 :
« Qu’en est-il dès lors de certains des critères fondamentaux pour une réflexion sur la région conviviale ? Il semble que les considérations suivantes soient de celles qui doivent être prises en compte :
La personne humaine
Un espace pour dormir, se tenir debout et bouger
De l’eau propre et de la nourriture en suffisance
La conservation et/ou l’amélioration de la biodiversité
L’énergie : un maximum d’énergie renouvelable sur place
La possibilité d’existence d’établissements humains viables dans la région
La mobilité de la population au sein de la région, pour le grand nombre et pas seulement pour quelques privilégiés.
La possibilité de liaisons de transport avec les autres régions par eau, rail, route et air, avec des utilisations spécifiques pour chaque type de transport.
L’accès aux ressources globales en matières premières et à leur partage.
La clarification et le perfectionnement de principes concertés de gouver­nance planétaire.
La promotion des initiatives, de la saine compétition et de l’aide mutuelle (solidarité). »
[30] Jean Brunhes, (1956/1942), pages 19 à 25.
[31] Eric Dardel, L’homme et la Terre, p.56.
[32] Thierry Paquot, Demeure terrestre, Les éditions de l’imprimeur, 2005, 189 p. Citation page 116.
[33] Voir les informations de l’ONU détaillées par la revue I.P.S. (Inter Press Service) sur Internet à l’adresse suivante : http://www.ipsnews.net/interna.asp?idnews=28086. « Homelessness is a growing problem around the globe, affecting both the industrialised and developing worlds, Special Rapporteur on Adequate Housing Miloon Kothari told the 61st session of the United Nations Commission on Human Rights, currently underway. Over one billion people on the planet lack adequate housing, he said, while around 100 million have no housing whatsoever ».
[34] Voir les Cahiers de la métropolisation « rapport final de synthèse », Observatoire de la Métropolisation, et la fiche n°9 du n°2 qui donne la définition technique de l’ADM (voir le texte complet en annexe à l’adresse. Cette fiche est mise en application dans le cahier n°2 fiche n°1 Annexes\Annexe00b-Textes-Citations\00_Moriconi-Ebrard\MoriconiA4_Fich1_synthese_du_rapport_de_recherche_pour_la_DATAR_de_Francois_Moriconi-Ebrard._cle7cf711.pdf)
[35] Voir la Synthèse sur « L’internationalisation des métropoles » (2003) de l’Observatoire des territoires et de la métropolisation dans l’espace méditerranéen à l’adresse suivante : 00_Annexes\Annexe00b-Textes-Citations\00_Moriconi-Ebrard\L_internationalisation_des_metropoles_cle22ded3.pdf. Cette notion est mise en application pour les régions françaises dans le chapitre 2 du rapport « La métropolisation dans l’espace méditerranéen français » (2004) . Il est présenté en annexe à l’adresse suivante : Annexes\Annexe00b-Textes-Citations\00_Moriconi-Ebrard\Metropolisation_3_Novembre2004Chapitre2.pd_cle731151.pdf